Actualités juin 2015 printemps 2016



Nouvel assassinat d’une écologiste aux Philippines

Gloria Capitan, 57 ans, a été tuée vendredi d’une balle dans la tête. La militante écologiste était opposée à la construction de nouvelles centrales à charbon aux Philippines, deuxième pays le plus dangereux au monde pour les défenseurs de l’environnement


Selon l’ONG Global Witness, 33 militants ont été tués l’an dernier aux Philippines. Au total, ce sont 185 militants écologistes qui ont perdu la vie à travers seize pays en 2015.

Depuis 2014, le charbon fournit plus de 31% de l’électricité des Philippines, selon le ministère de l’Energie. Cette part est amenée à grandir au fur et à mesure que des centrales sont construites pour faire face à une demande croissante.

juin 2016

NDDL : nouvelle illustration de l’imposture démocratique

Dans une société démembrée et déculturée, le référendum sert aussi à desservir le bien commun

 

Notre-Dame-des-Landes : « Le référendum était pipé »

 « (…) le cadre, le processus et le contenu de cette consultation étaient fondamentalement biaisés. Celle-ci était basée sur une série de mensonges d’État et radicalement inéquitable. Il ne s’agissait pour nous que d’une étape dans la longue lutte pour un avenir sans aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

 Cette lutte se poursuit dès ce soir. Nous savons que les attaques du gouvernement et des pro-aéroport vont se renforcer. De notre côté, nous n’allons pas cesser pour autant d’habiter, de cultiver et de protéger ce bocage. Il continuera à être défendu avec la plus grande énergie parce qu’il est porteur d’espoirs aujourd’hui indéracinables face à la destruction du vivant et à la marchandisation du monde. Nous appelons tous les soutiens et comités partout en France et au-delà à se mobiliser et à redoubler de vigilance dans les semaines et mois à venir. Il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes »

la coordination

 

C’est bien pire que ne l’analyse Reporterre car, bien plus que le mode opératoire, c’est le contexte qui décide de l’expression de la démocratie, ou de son contraire  ! , en dépit du décorum « démocratique« , ce référendum n’a pas grand chose à voir avec l’expression de l’intérêt général à long terme – le souci du bien commun qui doit prévaloir en démocratie, n’est-ce pas ?

Problème : dans une société largement déstructurée et soumise à une martèlement incessant de conditionnements favorables à un économisme déconnecté du vivant, quelle place pour le bien commun ? Beaucoup, sinon la plupart en ont oublié jusqu’au goût.

à ce propos, ce billet publié en février sur planetaryecology.com

Référendum local sur le projet qui menace Notre Dame des landes : l’ultime perfidie

 

Le Président de la République a projeté d’engager un processus réputé démocratique plutôt que d’appliquer simplement la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques (2006) et la Directive-Cadre européenne sur l’Eau (2000). Pourtant, elles ont été votées pour protéger précisément les espaces comme celui de Notre Dame des Landes qui est à cheval sur 2 têtes de bassin versant. Les lois, surtout celles-ci qui sont fruits d’un très long processus d’étude, de maturation et d’élaboration depuis le terrain jusqu’au plus haut niveau de décision, ne sont-elles pas démocratiques ? Ne sont-elles pas faites pour être appliquées ?


A l’inverse, les populations censées être appelées à voter sur ce que la loi a déjà décidé sont-elles bien sensibilisées aux différents aspects de la question : milieux humides de têtes de bassin versant, biodiversité, hydrologie, climat, devenir des paysans, des savoirs et des modèles durables qu’ils ont développés, bien commun à long terme contre option technologique transitoire, etc. ? Car la démocratie invoquée ne peut exister avec des électeurs insuffisamment informés et conscients des enjeux. 

Or, sur l’ensemble, on observe une diffusion extrêmement insuffisante, voire totalement inexistante, de l’information sur le corps et le sens de la législation sur l’eau et les milieux humides. En dépit de la gravité de la dégradation des têtes de bassin versant et, assez généralement, des zones humides, la plupart des français sont toujours dans l’ignorance vis à vis de ces milieux. Souvent au point de méconnaître ce qui est juste à côté de chez eux et le travail patient de leurs ancêtres – et de n’y voir aucun intérêt. Voire d’approuver majoritairement la poursuite des destructions contre lesquelles a été faite la législation sur l’eau (comme à Saint Gengoux le National et dans sa région *). Même les associations de protection de l’environnement et du patrimoine sont encore nombreuses à ne pas s’intéresser du tout à la question, alors qu’elle concentre la majeure partie des problèmes écologiques – nous pouvons même dire : des urgences vitales.


Une torpeur si profonde et si répandue est une aubaine pour tous ceux qui veulent poursuivre, comme avant l’évolution législative, les destructions qu’ils imaginent leur être profitables. Le plus troublant est l’inertie des organismes d’Etat en charge de l’application de la nouvelle loi et leur aide à son édulcoration. 

Mais, est-ce bien si étonnant puisque, surtout depuis une soixantaine d’années, les savoirs paysans et le sens du bien commun ont été dévalorisés et ringardisés pour casser la paysannerie et passer les campagnes au laminoir productiviste ? Est-ce si étonnant puisque nous ne sommes encore qu’au début de la prise de conscience des coûts catastrophiques de cette politique ** ? Cela n’a malheureusement rien d’étonnant puisque la reconquête des savoirs perdus n’en est qu’à ses débuts et que la prise de conscience est combattue depuis des dizaines d’années. 

Dans ce contexte de grande déculturation, d’ignorance des enjeux et de toute puissance des lobbies, les processus électifs habituels de désignation et de prise de décision ne sont qu’une manipulation d’illusionniste masquant la poursuite du détournement et de la destruction du bien commun. L’idée du référendum est donc suspecte d’avoir été inspirée par la certitude que son résultat irait contre l’application de la législation naturellement protectrice de l’écosystème de Notre Dame des Landes.


Cela, 2 mois après les proclamations solennelles du même Président à l’occasion de la COP 21*** !



* L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange
https://renaissancerurale71.wordpress.com/


L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie
https://renaissancerurale71.wordpress.com/2015/08/09/leau-2/

** Le sol, la terre et les champs, de Claude et Lydia Bourguignon, Sang de la Terre



*** (…) Je veux rendre hommage à cet instant à tous les pionniers de la cause écologique, à tous les précurseurs qu’il n’y a pas si longtemps devaient affronter l’incrédibilité ou le dédain pour leurs alertes et leurs propositions. En quelques années, les esprits ont profondément évolué, les entreprises et les acteurs financiers hier réticents sont désormais prêts à s’engager et à modifier leur comportement.

(…)
Mesdames et messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement, pour résoudre la crise climatique, je vous le dis franchement : les bons sentiments, les déclarations d’intention ne suffiront pas, nous sommes au bord d’un point de rupture. Paris doit être le départ d’une profonde mutation, nous ne pouvons plus considérer la nature comme un vulgaire et inépuisable réservoir de ressources destiné à notre seul et plein accomplissement. (…)

(…) Mesdames et Messieurs, le combat pour le climat participe d’une lutte, d’une lutte engagée depuis des siècles, des décennies pour la dignité humaine, une lutte pour l’égalité, une lutte pour les droits fondamentaux. Vous savez qu’ici, à Paris, ont été proclamés les droits de l’Homme et du citoyen, eh bien grâce à vous aujourd’hui, vous venez de proclamer les droits de l’Humanité. C’est à cet acte, à cette révolution-là que je veux également souligner la portée de l’Accord de Paris.  

Je suis fier, fier que la France ait accueilli cette conférence ; fier que les Nations Unies aient été capables en tant que communauté internationale de prendre cette responsabilité ; fier que les idéaux de justice aient pu prévaloir ; fier de ma génération, de votre génération, qui a été capable de décider d’agir pour un monde que nous ne verrons pas.  

Oui, le 12 décembre 2015 restera une grande date pour la planète. A Paris, il y a eu bien des révolutions depuis des siècles mais aujourd’hui c’est la plus belle et la plus pacifique des révolutions qui vient d’être accomplie : la révolution sur le changement climatique.

Denis Baupin : une affaire hautement révélatrice 

Ce que révèle l’aura de propos orduriers et de gestes déplacés qui semble avoir longtemps entouré un élu vert hissé jusqu’au sommet de l’assemblée des élus républicains stimule, heureusement, la réflexion. Reste à stimuler aussi la mémoire..

Marilyn Baldeck de l’association européenne contre les violences faites aux femmes au travail :
« Denis Baupin ne pouvait ignorer la gravité de ses propos et de ses actes. Il dispose d’un capital social et culturel qui lui permet de savoir où se situe le dépassement de la norme« .

Ah bon ? On passera sur cette « norme » énigmatique, mais l’affirmation relative à la culture est un peu grosse ! De toute évidence, Marilyn Baldeck néglige une dimension du problème : la culture dont il s’agit. Bien que M. Denis Baupin aime à se réclamer de Mai 68 et de l’écologisme, sa culture relève très largement de l’autre culture : celle qui justifie les dégradations et les destructions pour augmenter le niveau de la prédation. Parce qu’elles salissent un mouvement remarquable – la nouvelle gauche écologiste des sixties et seventies – et introduisent encore plus de confusion qu’il n’en est déjà entretenu par d’autres malhonnêtes, les prétentions de ce monsieur méritent d’en dire plus que je ne l’avais fait dans « Harcèlement et agressions sexuelles à gogo chez les Verts » (ci-dessous).

Denis Baupin interrogé par des journalistes de L’Obs :
« (…) le contexte a changé : on n’est plus à l’époque libertine et post-soixante-huitarde qui régnait chez les écolos. Aujourd’hui, le regard de la société est moins open« .

« Je ne vais pas nier que j’ai longtemps été dans le registre de la séduction et dans une forme de libertinage correspondant à la culture des écologistes. » http://tempsreel.nouvelobs.



Ah, parce que, tout en étant né en 1962, Denis Baupin a une expérience de ce qui se passait en 68 et dans le mouvement écologiste ?

Cela ne se passait justement pas comme il le dit. Denis Baupin semble dans une confusion telle que l’on en viendrait presque à lui trouver des excuses !


– confusion entre libertinage et agression sexuelle,
– confusion entre le mouvement écologiste (consciencieusement étouffé avant la mi-temps des années 1970) et l’assortiment d’imposteurs qui lui a été substitué par le cartel des réactions (a),
– confusion entre culture capitaliste du pouvoir et de la prédation (la culture impérialiste)… et culture immémoriale du vivant, la culture arcadienne de l’historien de l’écologisme Donald Worster.
 

Denis Baupin fait-il exprès de la désinformation pour tenter de s’absoudre, ou croit-il vraiment à la version dénaturée et avilie de l’écologisme ? Ses déclarations sur la culture du mouvement dont il se réclame abusivement ne seraient-elles pas sincères, au moins un petit peu ? La falsification de l’histoire du mouvement écologiste pour lui substituer celle d’une intégration au système dominant, l’effacement de sa culture pour la remplacer par les joutes du capitalisme de pouvoir, l’omerta complice révélée en même temps que les turpitudes, achèvent de démontrer un retournement complet de sens. Depuis un certain temps, chacun peut, dans son environnement comme à grande échelle, en mesurer les conséquences. 

La réussite de l’opération que Bernard Charbonneau avait dénoncée est telle qu’il est probable que, comme la plupart de ceux qui n’ont pas connu le mouvement écologiste, Denis Baupin en ait été abusé. Surtout après ses déclarations, il est clair que le problème dépasse de très loin sa personne.

ACG




(a) Gauchistes des beaux quartiers, PS, PSU rocardien, acteurs et soutiens de la grande distribution, agents du Congrès pour la Liberté de la Culture, néo-cons… tous ensemble dans la guerre froide culturelle pour désamorcer tout ce qui pouvait menacer leur chère prédation et l’essor du tout-capitalisme, y compris l’alerte écologiste ! Tous ensemble et bientôt rassemblés dans la Fondation Saint Simon (1982/1999) pour conforter la globalisation capitaliste, etc.

Petit rappel à l’attention des incrédules : c’est Bernard Charbonneau qui, le premier, a dévoilé l’organisation de la prise de contrôle rampante du mouvement écologiste par « la caste dirigeante », dans un article du n° 21 de La Gueule Ouverte, juillet 1974 – Le « mouvement écologiste« , mise en question ou raison sociale (sur www.planetaryecology.com, rubrique Une mémoire du mouvement écologiste 4ème chapitre )

.
…car la « mise en question »
portée par l’alerte écologiste était intolérable pour les dominants. Alors que les pires cauchemars redoutés par les écologistes ont été réalisés, l’expression de cette « mise en question » est toujours systématiquement étouffée *.

 * remarquable : le site planetaryecology est l’objet d’une attaque en règle depuis plus de 6 mois. Il est même désormais classé comme « dangereux » pour les utilisateurs (hébergé par Joomla, le site est géré par http://www.artifis.fr/).




La raison sociale comporte, en premier lieu, le terme générique de l’activité ou du produit (ex : Société Civile Professionnelle), puis l’appellation spécifique qui permet de distinguer la société des autres. La raison sociale doit être indiquée lors de l’inscription au registre du commerce.
Dans certains cas, seule l’appellation spécifique fait office de raison sociale.
Ces noms d’entreprises comportent également les patronymes des associés indéfiniment responsables et parfois des expressions telles que « et Associés », « et Fils »…
http://www.journaldunet.com/management/pratique/creation-d-entreprise/1779/raison-sociale.html



et encore :
Un dragueur réputé lourd

http://www.crepegeorgette.com/2016/05/09/dragueur-lourd/




Saint Gengoux le National 1974

L’affaire de Saint Gengoux ne cesse de gagner en épaisseur et en exemplarité. L’histoire de la formation de la vallée, l’histoire de l’implantation des hommes et de la formation de la cité, la situation rare d’une vieille cité dans l’espace d’une tête de bassin versant, la brutalité des destructions récentes et, justement, les dessous de l’histoire contemporaine – pas seulement locale – qui commencent à se dévoiler, tout en soulevant de nouvelles questions…

Quand l’histoire locale correspond à l’histoire nationale

A Saint Gengoux, les saccages ont succédé à… une mobilisation pour le patrimoine et le bien commun !

Découverte d’un document qui dévoile l’histoire exemplaire de la régression radicale qui a brutalement succédé à une mobilisation pour le patrimoine et le bien commun. Ce qui achève de démontrer que la destruction du patrimoine et la destruction de la tête de bassin versant ont progressé parallèlement.



Sites et Monuments octobre – novembre – décembre 1974 – n°68, revue de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF), pages 34, 35, 36

Saint Gengoux-le-Royal

à découvrir…

Saint Gengoux-le-Royal, cité médiévale…

Aujourd’hui, Saint-Gengoux-le-National, à l’écart des grands itinéraires routiers, entre Chalon-sur-Saône, Cluny et Tournus, offre au visiteur qui a su le trouver une structure qui n’a que peu évolué depuis le Moyen-Age, du moins en son centre. Cité à découvrir, elle l’est à de nombreux titres. La première visite est un étonnement constant ; l’oeil passe d’une fenêtre à meneaux à une échauguette, d’une maison à pans de bois au clocher, roman comme il se doit.

Les visites suivantes n’en sont pas moins riches en découvertes et, à chaque fois, de nouvelles « trouvailles » viennent s’ajouter à ce que l’on connaissait déjà.

Avant de parler plus longuement de cette ville si riche, et qui laisse malheureusement sommeiller ses trésors, il serait bon d’évoquer quelques points d’histoire.

Si l’existence de Saint-Gengoux à l’époque gallo-romaine n’est pas fortement attestée, elle apparaît en revanche, en 950, dans une charte de l’abbaye de Cluny.

C’est Louis VII qui donna aux habitants de Saint-Gengoux l’autorisation d’élever des fortifications. Ce droit fut confirmé en 1200 par Philippe Auguste. Douves et murs d’enceinte protégeaient alors le château et son donjon, édifié en 1206. Celui-ci, qui aurait été flanqué de quatre tourelles, fut rasé sous Henri IV. L’enceinte fortifiée comptait quatorze tours reliées par le chemin de ronde. A l’intérieur de la ville, de nombreuses tours et maisons à échauguettes complétaient le système de défense. Système d’ailleurs peu efficace, puisque Saint-Gengoux n’a jamais su résister à aucun siège.

Des quatorze tours de jadis, seules deux subsistent *, au nord, reliées par un rempart qui se prolonge à l’ouest.

Les règnes de Charles VIII et de Louis XIII virent l’extension du bourg, avec l’apparition de rues « corporatives » : rue des cordiers, rue des bouchers, rue des chapeliers, rue des tanneries, etc.

En 1789, on comptait 1 449 habitants à Saint-Gengoux. Il en reste environ 1 100 aujourd’hui.

La structure de la vieille ville n’a que peu évolué depuis l’époque médiévale. Quelques adjonctions malheureuses, bien sûr… Quelques réparations, plus utiles qu’esthétiques ont été faites ici et là, mais l’essentiel subsiste. Des maisons se sont adossées aux fortifications, s’y sont même parfois incrustées. Mais l’essentiel est là, pour qui sait voir et admirer.

En 1973, un espoir naquit. Une association de sauvegarde et de mise en valeur se constituait, sous l’impulsion de quelques jeunes du pays. Grâce à l’impulsion de l’Union R.E.M.P.A.R.T., où sont affiliées également les équipes qui ont sauvé également l’église du Puley et celle de Saint-Hyppolite, un chantier de jeunes bénévoles s’ouvrait en août 1973 et commençait le dégagement et la consolidation des remparts. Dans le même temps, des relevés architecturaux était commencés, afin d’avoir un programme d’ensemble permettant d’aboutir à une proposition permanente de sauvegarde. Cet effort se poursuivait en 1974, avec la restauration des voûtes d’une ruelle médiévale, quelques travaux aux remparts, et la poursuite de l’étude de la ville.

La tâche est immense et ingrate. Les plus beaux joyaux, les monuments du XIV°, du XV° siècle, les plus abondants, sont des propriétés privées auxquelles les jeunes n’ont pas accès, le travail bénévole ne pouvant s’effectuer qu’au bénéfice des communes et collectivités publiques. Une maison du XIV° siècle devait pourtant devenir le siège de l’association. Pour des raisons mal déterminées, la vente au franc symbolique qui devait avoir lieu n’a pu aboutir.

Plus grave encore, des démolitions sont actuellement envisagées. En particulier celle de l’hospice, qui abrite les anciens de Saint-Gengoux. Magnifique bâtisse du XVII° siècle, qui se trouve face à un ancien couvent de la même époque, servant aujourd’hui de foyer rural. L’ensemble, qui est situé à l’une des entrées de la ville, est très homogène. La mairie, qui semblait vouloir adopter une politique de conservation et d’entretien des édifices anciens, a pourtant accepté immédiatement le projet de démolition. L’architecte des Bâtiments de France ne pouvait qu’en faire tout autant et donnait son accord à un projet fade, sans style, sans proportions et sans caractère. Il était pourtant facile de conserver le bâtiment actuel, en l’agrandissant sur l’arrière, ce qui était alors invisible et permettait de résoudre le problème posé par l’extension.

La démolition de cet édifice serait un premier pas. Comme dit le proverbe : « c’est le seul qui coûte ». Partant de là, tout peut arriver, et ce joyau qu’est Saint Gengoux, qui ne demande qu’à se révéler, risque de disparaître morceau par morceau. Déjà, il y a deux ans, un remblaiement qui devait cacher les remparts, a été évité de justesse. Aujourd’hui, la menace est plus grave. C’est un choix qui doit être fait.

J.-P. Thorreton

* Il en est une troisième, à l’ouest, qui est une tour-porte avec un beau passage voûté. Quadrangulaire, elle est peu connue car, privée de sa couverture, elle ressemble à une grosse maison.

Article essentiel puisqu’il rapporte qu’au début des années 1970, à Saint Gengoux même, bien avant Villa Vallis (d’après les rares témoignages recueillis), s’épanouissait une conscience de l’importance du patrimoine (relation à la genèse du pays et à l’histoire des anciens, plaisir de vivre, potentiel de la cité…), et qu’un mouvement s’affirmait « sous l’impulsion de quelques jeunes du pays« .

Article important puisqu’il témoigne de premiers efforts prometteurs : le blocage d’un projet destructeur, des travaux de restauration, une étude… Quel contraste avec l’adhésion actuelle aux pires projets ! 

Puis, en plein élan, dans ce lieu de longue installation où tout avait toujours été pensé en fonction de l’environnement, sans doute pour « moderniser » tout ça en s’inspirant de la négation même de l’urbanisme – la banlieurisation, les administrations et les élus ont entrepris de casser la cité médiévale et sa campagne.


– Pourquoi et comment l’éveil pour le bien commun a-t-il été vaincu ?
– Que sont devenus « 
les jeunes » motivés d’alors ?

Cet article est aussi très important parce qu’il prévient contre la dérive déjà amorcée par une administration déprédatrice et des élus bien vite oublieux de leurs responsabilités vis à vis du patrimoine et, plus généralement, de l’intérêt général et de l’avenir. 

Il est tout aussi remarquable d’apprendre que les fonctionnaires chargés de protéger le patrimoine contre les entreprises nuisibles – les Bâtiments de France – ont trahi leur fonction et se sont couchés sans combattre. Cela confirme ce qui nous avait été rapporté et correspond aux abandons de postes des administrations responsables de l’eau et de l’environnement.

Mais où est passé « l’Etat de Droit » au service de l’intérêt général ?

J.-P. Thorreton avait mille fois raison d’alerter contre la disparition « morceau par morceau« . Ainsi progresse la prédation du bien commun et le démembrement des ensembles historiques, architecturaux, écologiques. Ainsi le sens est-il perdu presque insensiblement, augmentant la perte de la mémoire et de la conscience, permettant aux successeurs des premiers saccageurs de commettre pire encore dans l’indifférence générale.

On n’ose imaginer ce que seraient devenues la cité médiévale et sa campagne sans les éveils successifs de l’intérêt pour le bien commun et les résistances opposées aux prédations destructrices !

A la lumière de ce témoignage venu des seventies (42 ans !), les années d’enthousiasme et d’espoir, époque où la culture de l’écologie et du patrimoine était partout portée par un mouvement social, on voit mieux à quel point, à Saint Gengoux, tous les efforts positifs ont été compromis, balayés, retournés. Il s’agit d’une inversion complète. Une inversion brutale puisque, quelques années plus tard, les belles maisons du XVII° allaient être rasées et, au sortir du même faubourg, 1 kilomètre de ruisseau, de bief de moulin, avec leur belle ripisylve arborée, anéantis, et l’eau, vidée de toute vie, enterrée dans une buse ! Depuis, un autre pâté de maisons médiévales a été dévasté et, avec son attractivité, la cité a perdu une quarantaine de commerces, dont plusieurs auberges et restaurants.

La destruction des maisons médiévales et renaissances est particulièrement révélatrice car elle intervient à une époque où, enfin, le patrimoine architectural est partout ailleurs objet d’attention. Pire, plutôt que de provoquer une prise de conscience et, par exemple, une réaction des élus, la fièvre destructrice n’a fait que se renforcer. La perte de la culture défendue par les jeunes Jouvenceaux des années 1970 est flagrante. C’est au point qu’aujourd’hui presque plus personne n’ose défendre la cité, son eau et ses paysages. 

– Qu’est-il arrivé aux défenseurs de la cité médiévale ?
– Qu’est-il arrivé à la population ?

– Comment l’incompréhension et le mépris pour le patrimoine architectural et l’écosystème ont-ils pu succéder à l’éveil – et si vite ?
– Comment les destructeurs fanatiques ont-ils pu supplanter ceux qui proposaient de protéger et d’améliorer, de mettre en valeur ?
– Pourquoi une telle régression ?
– Quelles forces ont été à l’oeuvre pour renverser ce mouvement ?
– Et comment ces saccages n’ont-ils pas soulevé l’indignation hors de Saint Gengoux et jusqu’au niveau national ?

 

Comment ne pas corréler cet effondrement de la conscience du bien commun, et de sa défense, à l’étouffement du grand mouvement culturel des années 1960/70 – la nouvelle gauche – qui, en restaurant la culture du vivant, avait stimulé la conscience du patrimoine et de l’écologie, tout en alertant contre les destructions de la globalisation capitaliste en cours ? La simultanéité et les correspondances sont troublantes. La similarité des conséquences, tout autant (1). L’effacement de la mobilisation observée par J.-P. Thorreton, à Saint Gengoux le National, serait-il une traduction de l’opération développée à très grande échelle pour vaincre les résistances à l’ultra-libéralisme ? Saint Gengoux, un exemple local de ce qui s’est passé dans tout le pays ?

le collectif de sauvegarde


(1) Les amoureux du patrimoine étaient impliqués dans la nouvelle gauche écologiste des années 1960/70. L’un des précurseurs du mouvement, Bernard Charbonneau en a témoigné :
« (…) A ses débuts, surtout après Mai 68, ce mouvement a été le fait de personnes marginales, comme Fournier, de groupes de jeunes* et de quelques sociétés (Maisons Paysannes de France, Nature et Progrès, etc. **), réagissant spontanément à la pression grandissante de la croissance industrielle. Nouveauté des thèmes, marginalité, spontanéité du mouvement, ce sont là les signes d’une véritable révolution (rupture dans l’évolution) en gestation. (…) »

* comme La Semaine de la Terre

** Etudes et Chantiers aussi

Et Charbonneau embrayait sur une mise en garde contre les manoeuvres que « la caste dirigeante » avait déjà « mis en train en 1970 » pour récupérer et détourner le mouvement en remplaçant ses acteurs par des « notables (qui) ne sont pas par hasard à ce rang«  (la suite de l’histoire a été écrite par Guy Hocquenghem : Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary).
L’article de Bernard Charbonneau
: Le « mouvement écologiste« , mise en question ou raison sociale est paru dans La Gueule Ouverte n° 21, Juillet 1974.

En décembre 1974, Aline Bayard et Raymond Bayard, fondateurs de Maisons Paysannes de France, ont témoigné des manipulations auxquelles ils résistaient dans leur association et dans l’ensemble du mouvement écologiste. Comme Bernard Charbonneau, ils dénonçaient la récupération et le détournement du mouvement effectués à l’occasion de « la campagne Dumont » (mai/juin 1974).

 

en 2013

l’effondrement continue



mai 2016



Harcèlement et agressions sexuelles à gogo chez les Verts


Que l’auteur de ces faits longuement répétés ait pu s’insérer dans cet appareil et grimper dans la hiérarchie du système jusqu’à occuper l’un des postes les plus en vue de la République est déjà très intéressant. Cela renseigne sur la qualité de ces structures.

L’omerta ayant tout aussi longuement occulté les faits est encore plus révélatrice :

« C’était très, très connu dans le parti », a assuré lundi à l’Agence France-Presse un collaborateur des députés du groupe à l’Assemblée.
 

« Oui, je savais, pas tout, pas complètement » (…) « Autour d’un bon verre de vin, en soirées amicales, tour à tour, des camarades, pour certaines des amies, parlaient, se confiaient et je blêmissais, et je savais que ça tomberait un jour (…) ». Et, comme si cela n’était pas déjà un problème, on entend : « Oui, on le connaissait comme un dragueur lourd, mais pas à ce point« .


Mieux encore, « après des allusions à des rumeurs d’agressions sexuelles dans le parti « assez récemment dans un conseil fédéral, à la surprise générale la personne qui est montée à la tribune pour demander qu’on arrête de discuter ça, c’est sa compagne, c’est Emma Cosse (…). Elle est montée à la tribune pour dire : “Ça suffit, je refuse qu’on continue de débattre de cette question » (…) ».

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/05/09/denis-baupin-accuse-d-agressions-sexuelles-il-ne-faut-rien-laisser-passer_4916045_823448.html

montée à la tribune… A la tribune ? Parce qu’il faut s’élever au-dessus des autres pour parler ? Parce qu’il suffit qu’un « représentant » roule des mécaniques et dise ça suffit pour que le silence retombe ? Cela seul résume tout.


En contrepoint, avec un chantage classique à l’emploi, l’on retrouve aussi l’abjection des relations de domination/soumission caractéristiques du capitalisme : 

« Toi, tu n’auras jamais de poste dans ce parti« 

http://information.tv5monde.com/terriennes/accus%C3%A9-d-harc%C3%A8lement-sexuel-Denis-Baupin-d%C3%A9missionne106252


De plus en plus remarquable, même une élue d’un autre parti affirme « tout le monde savait« .


En plus de quelques autres menus détails (a), cela permet de mesurer l’abîme culturel qui sépare
ce parti de l’écologisme. Il y a déjà un certain temps, au temps où l’auteur de ces actes misérables portait des culottes courtes, avant que l’une et l’autre dynamiques, et d’autres encore, ne soient attaquées et presque effacées par les forces morbides (b), l’écologisme et le féminisme étaient ensemble dans le mouvement  de résistance à l’offensive mondiale du système dominant (la globalisation capitaliste) : la nouvelle gauche. Logique : l’écologie – la connaissance du vivant – enseigne le respect de l’autre. C’est le B.A.-BA.


Même celles et ceux qui n’ont pas vécu ces années enthousiastes et ne connaissent pas leur véritable histoire peuvent aujourd’hui deviner à quel point l’alternative a été outragée et souillée, et plusieurs générations bernées (c). 


Quel gâchis !



(a) entre autres, ceci résultant de cela, la passion pour le capitalisme du pouvoir et l’électoralisme

(b) les responsables de l’essentiel des catastrophes actuelles


(c) comme en a témoigné Guy Hocquenghem avec sa toujours actuelle Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary  











Siné entre quatre planches

Le dessinateur Maurice Sinet est mort jeudi à Paris. Eternel pourfendeur de l’ordre établi et des cons, «Bob» avait créé son propre journal à 80 ans après s’être fait virer de «Charlie». Comme un ultime bras d’honneur.









avril 2016




Résultat de la défection des premiers responsables de la dégradation géopolitique de la région : les USA,


résultat de l’autorisation aérienne donnée aux massacreurs par les USA et la Grande Bretagne, 


résultat de l’ouverture offerte à la Russie par les mêmes…


Il n’y a pas de pire endroit sur la planète



http://www.franceinfo.fr/actu/monde/article/alep-il-n-y-pas-de-pire-endroit-sur-la-planete-et-le-monde-entier-reste-silencieux-medecin-786645












Dirigeables géostationnaires : tel le Phoenix


Stratobus, un dirigeable, à la fois drone et satellite

Développé par la coentreprise franco-italienne Thales Alenia Space, ce projet de ballon autonome remplira, à l’horizon 2020-2022, des missions d’observation, de surveillance et de télécommunications. Les géants du Net travaillent eux aussi sur des solutions alternatives pour connecter la Terre entière.

Dirigé par le constructeur européen de satellites Thales Alenia Space, en partenariat avec l’entreprise Zodiac et le laboratoire CEA-Liten, le projet Stratobus est soutenu par le pôle de compétitivité Pégase. Sa conception aura nécessité deux ans et demi et son coût de développement est estimé entre 300 et 500 millions d’euros. Positionné dans la stratosphère, au-dessus du trafic aérien, soit à une altitude de 20 kilomètres, Stratobus est une plate-forme géostationnaire, dotée de deux moteurs électriques pour lutter contre la force du vent pouvant atteindre, à cette altitude, plus de 90 km/h. Mesurant 70 à 100 mètres de long et 20 à 30 mètres de diamètre, cette structure gonflable embarquera jusqu’à 200 kilos de matériel électronique (caméras, antenne relais…). Prévue pour une durée de vie de cinq ans, l’un de ses principaux atouts réside dans sa complète autonomie.


… Pegase, en effet, est la continuité du projet qui était développé au début des années 1970

voir le chapitre sur « les DIRIGEABLES et les vaisseaux hybrides » dans Alternatives pratiques :






mars 2016



sur la trahison mondiale de la Syrie


Les portes du néant

de Samar Yazbek, éditions Stock


Des premières manifestations pacifiques pour la démocratie, à la formation de l’Armée Syrienne Libre, jusqu’à l’émergence de l’État islamique, Samar Yazbek livre un témoignage courageux sur le quotidien des combattants, des enfants, des hommes et des femmes ordinaires qui luttent pour survivre. Elle dit l’odeur de la terre après l’explosion d’une bombe, l’effroi dans le regard des mères, les corps mutilés ; elle dit l’une des plus grandes tragédies du xxie siècle.









Prévention du terrorisme : la paille et la poutre



«Je ne sais pas s’il faut dire la Belgique en tant que telle mais je pense qu’il y a eu une volonté ou une absence de volonté de la part de certains responsables politiques, peut-être par envie de bien faire, peut-être par sentiment que pour permettre une bonne intégration, il faut laisser les communautés se développer, peut-être aussi une forme de naïveté»


«Mais nous savons, et la France le sait peut-être plus encore que d’autres, que ça n’est pas la bonne solution (…) Lorsqu’un quartier est en danger de se communautariser, on doit agir, on doit agir par une politique de la ville, par une politique d’intégration, par l’école, par la langue»

 Michel Sapin, ministre des Finances

Sapin critiqué pour des propos sur la «naïveté» des autorités belges

http://www.liberation.fr/france/2016/03/23/attentats-sapin-critique-pour-des-propos-sur-la-naivete-des-autorites-belges_1441498


à propos…


Quel handicap pour les enquêtes d’avoir systématiquement déclenché un feu de guerre pour tuer, qui plus est en mettant en grand danger les voisins, plutôt que capturer vivants ceux qui détenaient de précieuses informations ? 


Quelle est cette guerre où l’on ne fait pas de prisonniers – ne serait-ce que pour les interroger pour mieux démanteler leurs réseaux ?


Les forces de sécurité belges n’ont pas arrosé à tout va, n’ont pas utilisé d’explosifs, n’ont pas mis en danger les voisins. Et, pourtant, elles ont été contraintes d’agir en urgence dans des conditions plus difficiles. Enfin, elles ont fait des prisonniers !  



(…) La violence de l’assaut lancé par le RAID, le 18 novembre à 4 h 15, contre les occupants de l’appartement de la rue du Corbillon où était retranché Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur présumé des attentats du 13 novembre, a été telle que la police judiciaire n’a pu commencer ses constatations qu’à 14 heures. Soit près de trois heures après la fin des opérations menées par le RAID. Le bâtiment menace de s’effondrer « suite à l’emploi d’explosifs par les forces de l’ordre et par les occupants de l’immeuble », notent-ils dans un compte-rendu auquel Le Monde a eu accès.


http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/12/23/attentats-du-13-novembre-confusion-et-questions-autour-de-l-assaut-du-raid-a-saint-denis_4837128_4809495.html




(…) A la lecture du rapport consulté par Le Monde et des informations de Mediapart, beaucoup de questions restent aujourd’hui en suspens. Aucune réponse n’est apportée aux questions soulevées sur la stratégie d’opérer des « tirs de saturation » pour empêcher un éventuel kamikaze d’approcher. Aucune mention non plus des raisons pour lesquelles les explosifs disposés par le RAID sur la porte de l’appartement n’ont pas fonctionné.


Il n’y a pas plus de précision sur les échanges que des hommes du RAID ont eus avec Hasna Aït Boulahcen lorsqu’elle a demandé à deux reprises de pouvoir sortir. Rien non plus sur le moment où l’un des terroristes a déclenché sa ceinture d’explosifs. Enfin, rien ne figure sur le fait qu’un seul pistolet automatique ait pu à lui seul donner le sentiment aux équipes du RAID d’être visées par « un feu nourri ».


http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2016/02/01/attentat-du-13-novembre-precisions-sur-l-assaut-du-raid-a-saint-denis_4857176_4809495.html#yMLK1BEALtwypPli.99




Saint-Denis : Mohamed, nouvelle victime oubliée de l’assaut du Raid


Ses voisins de palier, ce jour-là, étaient les terroristes morts pendant l’assaut du Raid.


«Leur porte a explosé vers 4 heures du matin. J’ai été réveillé, j’ai ouvert ma porte, les policiers m’ont dit de rentrer, raconte le jeune homme de 26 ans. Cinq minutes après, je vais à la fenêtre, j’ouvre un premier volet et je vois l’immeuble d’en face plein de policiers. 


J’ouvre le 2e volet, et ils me visent avec une balle qui me touche au biceps du bras gauche. J’ai couru avec mon colocataire me cacher dans la salle de bains. Il était 4 h 30. J’y suis resté jusqu’à 10 h 30. Mon colocataire faisait pression sur mon bras pour qu’il arrête de saigner. Pendant ce temps, les balles pleuvaient. Si j’étais sorti, ils m’auraient abattu. »

«Ils m’ont jeté sur le canapé, mis tout nu, menotté »

http://www.leparisien.fr/saint-denis-93200/saint-denis-mohamed-nouvelle-victime-oubliee-de-l-assaut-du-raid-08-03-2016-5608079.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr 





Les sinistrés de l’assaut de Saint-Denis : victimes de seconde zone ?


Plus d’un mois après l’assaut de leur immeuble, les sinistrés du 48 rue de la République et du 8 rue du Corbillon à Saint-Denis se sont rassemblés devant les locaux de la cellule d’aide aux victimes des attentats dont ils s’estiment faire partie. Ils espéraient être reçus. Ce ne fut pas le cas.


Depuis le violent assaut du 18 novembre et l’évacuation de leur immeuble, devenu inhabitable, la plupart des anciens locataires attend encore une solution de relogement. Placés dans des hôtels ou en hébergement provisoire après une semaine passée dans un gymnase, l’incertitude règne toujours quant à leur avenir plus d’un mois après les événements. Ce rassemblement est aussi l’occasion d’appuyer leur demande de relogement, mais aussi la régularisation des sans-papiers, menacés d’expulsion.


A l’heure actuelle, sur les trente neuf familles concernées, quatorze ont reçu ou vont recevoir des propositions de relogement de la part de la mairie de Saint-Denis. « Huit ont été acceptées, mais pour le moment personne n’a les clefs »

http://www.humanite.fr/les-sinistres-de-lassaut-de-saint-denis-victimes-de-seconde-zone-593962




Assaut de Saint-Denis : des voisins blessés et menacés d’expulsion


(…) Il est précisément 4 h 14 lorsque, pensant que l’immeuble s’écroule, il tombe nez à nez avec les hommes du Raid qui viennent de défoncer sa porte. «Help ! I am Egyptian !» crie-t-il. «Va à la fenêtre et lève tes mains !» lui répond-on, avant de lui tirer plusieurs balles dans le bras. Au même moment, à l’étage du dessus, une balle touche le bras de Nordine T. : «J’ai pensé que c’était comme ça qu’on traiterait les Arabes désormais.» Ils sont tous emmenés dans les locaux de la sous-section antiterroriste de la police judiciaire à Levallois-Perret, en slip, menottés et les yeux bandés. (…)


http://www.liberation.fr/france/2015/11/27/assaut-de-saint-denis-des-voisins-blesses-et-menaces-d-expulsion_1416801









La terre en morceaux  

ARTE Documentaire 2015 d’Ariane Doublet

Perte des savoirs et des pratiques du bien commun, simplisme, démocratie détournée, cupidité et courte vue, corruptions… comment tout est foutu en l’air

Ne pas rater la forfanterie burlesque des deux élus responsables du saccage de leur campagne, et leurs figures longues d’une aune quand un autre, un paysan, prend la parole pour dire toute la stupidité de cette politique (à partir de la 27ème minute pour introduire sur la dénonciation faite par le responsable de la SAFER).



La France des ronds-points et des zones d’activité dévore l’équivalent d’un département de terre fertile tous les 7 ans. La terre devient rare, la terre devient chère. Promoteurs, jeunes agriculteurs, hypermarchés se la disputent. Le film met en évidence la logique folle qui change en profondeur le paysage et l’agriculture.



Ariane Doublet signe un film saisissant sur la disparition des terres agricoles

La course à l’agrandissement, que mènent en tête les plus gros exploitants agricoles, les projets de zones commerciales engagés par des élus désireux de rendre leur commune attrayante ou à la recherche d’une meilleure autonomie financière, ou encore la vente de terrains devenus constructibles par des agriculteurs proches de la retraite. Le tout aboutit à une « logique folle qui change le paysage et l’agriculture » et fait disparaître la terre fertile pourtant « à la base de tout », comme le clame un agriculteur dans le film, qui voit une partie des terres qu’il cultivait effacées par des bulldozers. 

(…) Dix ans au cours desquels ce petit coin, sis en pays de Caux, dont la réalisatrice a fait son terreau cinématographique (Les Terriens en 2000, Les Bêtes en 2001, Les Sucriers de Colleville en 2003, La Pluie et le beau temps en 2011), s’est morcelé en lotissements, zones d’activité et ronds-points d’où s’élève sur l’un d’eux, non sans une ironie cruelle, la statue d’une fermière et de sa vache laitière.

BF

(…) L’usage des plans fixes permet de saisir les changements d’attitudes de chacun, le confrontant principalement à son propre discours.

Une scène hilarante si elle n’était pas pathétique : le maire, le maçon et l’agriculteur (on croirait à un titre de Rohmer).


L’évidence est toujours là, les réflexions sur le territoire et sur les prises de décisions qui influencent la transformation du territoire restent à appliquer si ce n’est à produire.


On le comprend bien face à la « bonne foi » du maire qui apparaît à l’écran, à la carte de découpage des zones de PLU que son adjoint a l’urbanisme (dont on attend la déclaration de conflits d’intérêts) et lui regardent avec un amour qui se transforme en désarroi lorsque l’agriculteur prend la parole. Il y a un manque patent de réflexions croisant territoire et local ; un déni de la réalité des transformations réalisées et en cours qui conduit au statu quo qu’on souhaiterait voir voler en éclat. (…)

WPWBO

(…) Suis-je si pessimiste ? Réfléchissez : durant tout ce film, je n’ai vu aucun papillon et un seul ver de terre…


(…) La tronche du maire qui voit son si beau discours de départ exploser en mille morceaux devant le parler vrai de son adjoint, mérite à elle seule le visionnage de ce documentaire. (…)











Fondée pour servir aux flux spéculatifs de la globalisation capitaliste (finances détournées et marchandises à bas coût), l’UE tombe encore le masque



Soudés – sauf les Grecs de 2015 – pour accroître toujours davantage la dérégulation spéculative, les gouvernements (élus !) de l' »Union » poursuivent le démantèlement.


« Il y a bien les Premiers ministres luxembourgeois, Xavier Bettel, et belge, Charles Michel (tous deux libéraux), qui ont eu un peu de vague à l’âme. Mais ils ont été les seuls. Tous leurs partenaires, François Hollande au premier chef, n’ont absolument rien trouvé à redire à ce que l’Union européenne renonce, temporairement ou définitivement, l’histoire le dira, au droit d’asile : à partir de ce dimanche, tous les réfugiés et tous les migrants dits économiques débarquant sur les îles grecques seront renvoyés, sans distinction, vers la Turquie. (…) »
Pour les vingt-huit, exit le droit d’asile
http://www.liberation.fr/planete/2016/03/18/pour-les-vingt-huit-exit-le-droit-d-asile_1440655

Ce que ces enfants vivent va marquer leur mémoire



«C’est incroyable ! L’Asie et l’Afrique ont su gérer des crises migratoires d’une ampleur bien plus importante, et l’Europe n’y arrive pas et se déchire», constate Babar Baloch, qui ne cache pas son pessimisme : «Je me demande ce que l’Histoire retiendra de tout ça : que l’Europe s’est effondrée à Idomeni ? Y verra-t-on la faillite de l’humanité ?»

Babar Baloch est le porte-parole du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR).
http://www.liberation.fr/planete/2016/03/18/ce-que-ces-enfants-vivent-va-marquer-leur-memoire_1440627



Pendant ce temps-là… 


« Une faillite de l’Europe illustrée dans la toujours très pertinente REVUE DESSINEE, à travers un flash-back, en bande dessinée, sur les pires naufrages des mois écoulés, et donc sur les réponses d’une Europe débordée qui ne sait qu’ériger des murs (*). (…) Ces quinze dernières années, l’Union a dépensé plus d’11 milliards d’euros pour expulser des clandestins, et plus d’1 milliard et demi d’euros pour la protection de ses frontières. Dans le même temps, on estime à 16 milliards d’euros ce qu’ont dû débourser les réfugiés pour payer leur arrivée sur le continent. Et si l’on additionne ces chiffres, ça fait donc 29 milliards : 29 milliards d’euros que se sont répartis, d’un côté les passeurs et, de l’autre, les compagnies aériennes et les industriels du secteur de la défense. (…) »

Revue de presse de Frédéric Pommier, France Inter, samedi 19 mars 16 :
http://www.franceinter.fr/emission-la-revue-de-presse-de-frederic-pommier-la-revue-de-presse-du-samedi-19-mars


(*) Les frontières de la honte

par Taina Tervonen et Jeff Pourquié



Tandis que, sous prétexte de sécurité, les hommes en détresse sont refoulés, la circulation des armes se porte au mieux

Au nom de la libre circulation des marchandises, Bruxelles a laissé prospérer en Europe un marché de vente d’armes “neutralisées” qui a permis d’alimenter les terroristes de janvier et novembre 2015. Malgré plusieurs alertes des services de sécurité, la loi n’a pas été changée.

De la Slovénie à Paris, la circulation des kalachnikovs déneutralisées.

Les armes de la terreur : la faillite de l’Europe (Mediapart sur abonnement)
https://www.mediapart.fr/journal/international/180316/armes-de-la-terreur-la-faillite-de-leurope

Comment l’Europe a tourné le dos au droit d’asile 

par Jean Quatremer

Onze heures. C’est le temps qu’il a fallu aux vingt-huit chefs d’État et de gouvernement, réunis hier à Bruxelles lors d’un sommet européen, en compagnie du Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, pour enterrer le droit d’asile.
(…)
Filippo Grandi, le haut-commissaire aux réfugiés de l’ONU, s’est dit aujourd’hui, devant le Parlement européen, «profondément préoccupé par tout arrangement qui impliquerait le retour indiscriminé de gens d’un pays à un autre et ne détaillerait pas les garanties de protection des réfugiés en vertu du droit international». Amnesty International, de son côté reproche aux dirigeants européens «d’être tombés encore plus bas».
http://www.liberation.fr/planete/2016/03/08/comment-l-europe-a-tourne-le-dos-au-droit-d-asile_1438353

UE-Turquie :  

un accord de la honte sur le dos des réfugiés

http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Refugies-et-migrants/Actualites/UE-Turquie-un-accord-de-la-honte-sur-le-dos-des-refugies-17950




















Trahison américaine (dans quel but ?) et nullité européenne, les ingrédients d’une catastrophe  



Crise des migrants : un naufrage européen


Il paraît qu’au commencement de l’Union européenne était le verbe, celui qui devait empêcher la guerre, l’élimination, l’industrialisation de la mort, celui qui opposait la vie à la morbidité de l’après-guerre. Et puis le verbe a perdu face à l’économie.

 

 Désormais, on joue à la marchande. Traiter les hommes comme des marchandises, c’est au fond remettre l’Union européenne dans son seul domaine de compétence encore actif, l’économie, puisqu’elle ne produit plus rien qui soit de l’ordre de la pensée, rien qui dépasse les intérêts particuliers. Si les hommes deviennent des chiffres, là, nous savons faire, là, c’est plus simple et ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est que tout soit simple.

 


Ainsi, l’Europe sombrait dans l’obscurité


Tout n’était donc qu’un rêve. J’ai entendu, il y a peu, un homme d’une soixantaine d’années me dire : «Et pourtant, c’était notre seule utopie.» Il parlait de l’Europe, de ce que l’Europe avait été pour sa génération après la guerre. Quant à moi, qui suis né d’une famille où l’on vénérait Delors – un messie qui ne vient pas, qui ne viendra jamais – comment lui aurais-je expliqué ? Depuis l’enfance, il y avait quelque chose dans ce nom, «Delors», qui, pour le gamin dyslexique que j’étais, ne parvenait pas à se séparer de «Dolor». Je me souvins, en écoutant l’homme d’une soixantaine d’années, des «critères de convergence», le refrain de l’ennui, du renoncement.



Le delorisme, bien sûr, fut un dolorisme. La langue ne se trompe pas, ni les mots ni les oreilles des bègues et des malentendants. Ainsi allait la croyance de nos pères : une musique de l’abdication qu’ils prenaient pour le chant de la paix, de la victoire contre la guerre. Mais il y a guerre, mes amis. Il y a violence. Quelle naïveté fallait-il pour croire que cette Europe-là, celle de Delors et, avant lui, celle des hommes blancs, sans honte, était une «utopie» ? Elle l’était, oui, au sens où l’utopie, c’est l’oubli du monde. Non, je lui ai dit, pour moi, l’Europe, ce ne fut jamais ça, jamais eux, jamais ce qu’ils ont mis dans ce nom. Et je lui parlais du juif mort que je gardais toujours comme un vieux camarade contre mon sein ; un juif de l’exil. Voyez-vous, je lui disais, un gavroche des shtetls ? Et savez-vous ce qu’il en pense, de votre Europe ? Il a honte, terriblement honte de ce que vous faites, de ce que vous avez fait. Pour moi, il dit, l’Europe, ce sont les exils, les passages de frontières, les gens que l’on rejette parce qu’ils n’appartiennent pas à vos grands nombres bourgeois. L’Europe, il dit, pour moi, ce sont des récits mineurs, toujours ignorés, méprisés, qui cherchent à exister entre les mondes. Et, voyez-vous, rien n’a changé. Les ostjuden d’hier que les bourgeois de Vienne méprisaient. Et aujourd’hui encore, les mêmes, des ostjuden de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan, en chemin pour l’espoir, ils chantent les mêmes airs. Et moi, en l’écoutant, ce petit anarchiste juif mort, je me prenais à rêver d’un cortège à venir, une espèce curieuse de cortège de plantes, d’arbres, de forêts, de corps transis, de vieilles chaînes rouillées d’esclaves marchant, tour à tour, sur nos nations et sur Bruxelles, bien sûr, dans les rues sans vie, désertées, de l’Euroland, pour prendre possession de ces hauts bâtiments de verre, d’acier, et débrancher les courroies de la climatisation. (…)

http://www.liberation.fr/planete/2016/03/16/ainsi-l-europe-sombrait-dans-l-obscurite_1440118



Comme des veaux, hagards, nous regardons le train de l’histoire


(…) confrontés au grand bordel mondialisé de ce début de siècle, nos dirigeants franco-allemands se sont révélé des politiciens égocentriques, soucieux de cuisine électoraliste seulement. Des médiocres dépourvus d’ambitions et de conscience historiques, alors que l’époque exigeait des hommes et des femmes d’Etat, du courage, de la concertation et de l’imagination.







Syrie :  

après les mensonges des Bush, 

la trahison d’Obama et de Kerry

Syrie : « Pourquoi les Américains n’ont-ils rien fait ? »

C’est l’histoire d’un hold-up tragique, aux répercussions mondiales, et de quelques hommes de bonne volonté qui ont tenté de l’empêcher. Cinq ans après le premier défilé anti-Assad, dans les souks de Damas, le 15 mars 2011, la révolution syrienne est prise en tenailles par les forces prorégime, d’une part, et les djihadistes du Front Al-Nosra et de l’organisation Etat islamique (EI), de l’autre.


Ces deux formations issues d’Al-Qaida, initialement absentes de la révolution, ont réussi une percée foudroyante, au détriment des combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), les pionniers de l’insurrection. La bannière noire des djihadistes flotte désormais sur la plus grande partie du nord du pays, une région libérée à l’hiver 2012-2013, et dont les opposants rêvaient de faire le laboratoire d’une nouvelle Syrie.


Les principales causes de ce détournement, qui a ébranlé tout le monde arabe et dont l’onde de choc est ressentie jusque dans les capitales européennes, sont bien connues : la brutalité sans limite du régime syrien, qui a semé le chaos propice à l’implantation des extrémistes ; le jeu trouble des bailleurs de fonds du Golfe, qui ont contribué à la confessionalisation du soulèvement ; et le morcellement de l’opposition, qui a multiplié les erreurs.


A ces trois facteurs, il faut en rajouter un quatrième : le dédain des Etats-Unis pour les opposants syriens, dont les signaux d’alerte ont été régulièrement ignorés. (…)

http://www.lemonde.fr/international/article/2016/03/15/syrie-pourquoi-les-americains-n-ont-ils-rien-fait_4882787_3210.html?xtmc=americains_syrie&xtcr=1

 



Juste le début de l’explication… Si l’on peut appeler ainsi une telle trahison des engagements internationaux du gouvernement Obama.



Voir encore :

Comment Barack Obama a laissé la Russie dicter sa loi en Syrie 

http://www.slate.fr/story/113949/comment-obama-trahi-rebelles-syriens











 


on a reçu ça :


Résilience des paysages anthropisés
Projet de thèse en géographie


Université François-Rabelais de Tours / Polytech Tours


http://www.supagro-alumni.fr/poste/resilience-des-paysages-anthropises/

« résilience des paysages anthropisés« … Hou ! Pauvre Rabelais.



Un petit quelque chose gène d’emblée dans cet énoncé. D’abord, depuis quelques centaines de milliers d’années en Europe, il est difficilement concevable qu’un paysage ne soit pas « anthropisé« . Par exemple, certains (souvent de mauvaise foi pour justifier la colonisation), ont voulu le faire accroire pour les forêts tropicales secondaires et primaires, et quelques autres régions. On sait bien, depuis longtemps déjà, que les humains ont une influence sur ces écosystèmes – comme les autres espèces – et, que les chasseurs-cueilleurs jardinent la forêt depuis très longtemps. Il n’y a pas de « nature » sans hommes, et réciproquement.

Décidément, ce sujet renvoie au dualisme dissociatif homme-nature de Descartes and Co qui a fait tant de mal en permettant l’épanouissement de plein de trucs catastrophiques : mécanisme, matérialisme, économisme, spécisme, élitisme, anthropocentrisme (et surtout occidentalocentrisme), capitalisme, et cette horreur que nous prenons de plein fouet depuis quelques dizaines d’années : le néoconservatisme.



D’autre part, si « anthropisé » est utilisé avec une connotation négative (comme l’indique l’emploi de résilience), cest tout aussi fâcheux. Cela relève de l’amalgame que je dénonce dans le courrier précédent. Tous les hommes ne peuvent être rangés dans la catégorie des saccageurs, rassemblés sous le même drapeau ! Or, cest bien ce que suggère le sujet proposé à ces pauvres étudiants. Il est si mal énoncé que, d’emblée, il induit en erreurs



Quant à la « résilience« … L’auto-organisation, l’auto-régénération, la capacité de restauration est une propriété basique du vivant. De manière choisie, on ne dit pas « résilience » mais autopoïèse. Or, cest bien gentil de disserter sur la mémoire de l’eau et de se rassurer parce que l’on trouverait une trace résiduelle de vie au milieu d’une zone commerciale, mais pour que le vivant puisse se réparer – à l’échelle des cellules de notre corps comme à celle de la biosphère – il faut que soient satisfaites 3 conditions impératives :

– que les destructions n’aient pas été trop radicales,

– que les forces destructrices s’effondrent ou soient vaincues,

– que soit développée une aide à la restauration.

Aujourd’hui, en France, nous sommes loin du compte ! Les affaires des têtes de bassin versant de Notre Dame des Landes, du Testet, de Saint Gengoux le National le démontrent et d’autres résistants d’autres régions nous disent qu’ils ne sont pas optimistes. Et cela n’est pas ce remarquable effort des géographes de Tour qui va aider à la résilience.












Fausses accusations, «non» veut dire «oui» : les stéréotypes sur le viol ont la vie dure

D’après un sondage réalisé pour l’association Mémoire traumatique et victimologie, les idées fausses sur le viol sont encore largement répandues chez les Français

Un sondage Ipsos pour l’association Mémoire traumatique et victimologie publié ce mercredi vient confirmer que la culture du viol est largement répandue dans la population française. Plusieurs stéréotypes restent profondément ancrés dans la population (…)


Premier problème : nombre de Français (61%) et de Françaises (65%) considèrent ainsi qu’un homme a plus de mal «à maîtriser son désir sexuel qu’une femme», selon le sondage. «C’est le mythe sexiste d’une sexualité masculine naturellement violente, pulsionnelle et prédatrice», dénonce l’association dans cette première photographie des représentations sur le viol et les violences sexuelles. (…) 



!


 

http://www.liberation.fr/france/2016/03/02/fausses-accusations-non-veut-dire-oui-les-stereotypes-sur-le-viol-ont-la-vie-dure_1436883

Pas étonnant que ce pays soit au plus bas.


NON veut dire OUI… Une telle altération de la perception et des fonctions cognitives explique beaucoup de choses, et pas que dans les relations sexuelles. Bien au-delà. Très au-delà !


La culture du viol, une culture française ? Voilà qui est très révélateur du recul sidérant depuis l’étouffement de la pensée critique des sixties et des seventies. 


Un bon indicateur du délabrement culturel en progression.



Une France empreinte de la culture du viol

A quelques jours de la rituelle journée des droits des femmes – toujours le 8 mars -, voilà un sondage qui envoie dans l’atmosphère un écœurant parfum de clichés et d’idées erronées qu’on espérait enfin évaporé. Alors que le viol est reconnu par la loi comme un crime depuis plus de trente ans, qu’il mobilise contre lui sans relâche associations, plans gouvernementaux, campagnes, quatre Français sur dix estiment toujours que la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a une attitude provocante (une jupe courte ?). Voilà encore que pour plus de la moitié de la population (61 % de Français, 65 % de Françaises) un homme a plus de mal «à maîtriser son désir sexuel qu’une femme». Et que perdure le mythe du violeur inconnu dans une rue sombre quand la plupart des viols sont commis par des proches. (…)

http://www.liberation.fr/france/2016/03/02/une-france-empreinte-de-la-culture-du-viol_1437044




Au moment de la polémique autour d’une prise de position de Kamel Daoud (suite aux agressions sexuelles du nouvel an à Cologne), les révélations sur la culture du viol à la française relativisent pas mal de choses…

Au nom de Kamel Daoud 

http://www.liberation.fr/debats/2016/02/28/au-nom-de-kamel-daoud_1436364











février 2016 



De plus en plus bas, toujours plus profond dans l’immonde


La dégénérescence même dans le « bio » !



Le procureur de la République d’Alès a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire après la diffusion de la vidéo par L214. L’abattoir du Vigan a par ailleurs été fermé « à titre conservatoire » par les élus qui en ont la charge.


« Le procureur de la République d’Alès a été destinataire mardi 23 février 2016 d’une plainte de l’association L214 dénonçant des faits de sévices graves, mauvais traitements sur animaux et violation de la réglementation relative à l’abattage », écrit Nicolas Hennebelle dans un communiqué.

« Cette plainte vise principalement les conditions d’abattage des bovins, cochons et moutons dans l’abattoir du Vigan. Le parquet a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire afin de vérifier les éléments contenus dans cette plainte », poursuit-il. L’enquête sera menée par la brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires, en co-saisine avec la brigade des recherches de la gendarmerie du Vigan, précise-t-il.


http://www.huffingtonpost.fr/2016/02/23/l214-le-vigan-gard-abattoir-bio-animaux-images-actes-cruaute_n_9295956.html



Derrière les murs d’un abattoir certifié bio

 http://www.l214.com/enquetes/2016/abattoir-made-in-france/le-vigan/



Actes de cruauté dans un abattoir du Gard certifié bio


Les images diffusées par L214 ont été tournées dans l’abattoir intercommunal du Vigan, une petite commune cévenole, entre juin 2015 et février 2016. On y voit des moutons violemment jetés contre l’un des enclos de l’abattoir ; des employés riant en électrocutant des cochons avec la pince d’électronarcose ou, plus tard, insistant jusqu’à les brûler ; des animaux mal étourdis, encore conscients lorsqu’ils sont suspendus puis saignés ; un porcelet qui se détache à plusieurs reprises de la chaîne d’abattage ; du matériel défaillant ou inadapté et des inspecteurs-vétérinaires absents.


http://ecologie.blog.lemonde.fr/2016/02/23/actes-de-cruaute-dans-un-abattoir-du-gard-certifie-bio/




Le délabrement mental et le sadisme des ouvriers dit assez la qualité de la sélection à l’embauche, aussi l’exigence quant à la formation et aux références ; et, sans aucun doute, le niveau des salaires.


L’insuffisance du personnel et les méthodes stupides, à commencer par l’entrée simultanée de plusieurs animaux dans la salle d’abattage (ici, tout un groupe !), révèlent le sérieux de la direction de l’entreprise et le sens de sa principale préoccupation – le rendement à n’importe quel prix au détriment des animaux, également des employés.


Tout ensemble montre la responsabilité entière de l’entreprise, les carences du suivi vétérinaire et le j’m’enfoutisme des éleveurs qui confient leurs animaux à cette horreur. D’ailleurs, un éleveur et un syndicat se sont empressés de minimiser et de tenter de décrédibiliser l’information, révélant ainsi une déficience de la conscience qui fait craindre le pire.


Même constatation pour les acheteurs, bref pour toute cette filière « bio » qui avilit le bio.


Tout dans cette affaire empeste la chosification du vivant sous le profit au moindre coût, et révèle une très longue et très contagieuse dégradation pour en arriver à ce point.

Comme souvent, le scandale révèle une réalité plus stupéfiante encore. D’après l’interview de Bruno André, président de l’abattoir de Gap et porte-parole de la FDSEA, « la DDCSPP impose des résultats, mais pas de moyens. Ils veulent de plus en plus de résultats, mais à nous de trouver les moyens ».

Autre problème : le manque de formations, aucun institut en France ne forme au métier d’ouvrier d’abattage.

Encore une spécificité française ? 

Une carence due à la réification générale du vivant par la « culture anti-nature » développée depuis Descartes, Malbranche and Co et radicalisée par le capitalisme de la rentabilité et de la « compétitivité » à tout prix ?

Un pays où, dans les années 1980 encore, il était inenvisageable d’aborder l’émotion et la sensibilité au cours des études vétérinaires ! 

Un pays où la souffrance des bébés était négligée, voire contestée, il n’y a pas longtemps ! 

Et cette « DDCSPP« , quelle est sa compétence et son soucis du bien-être des animaux et de la qualité de leur viande*

* le seul point de vue utilitariste condamne absolument cette filière abjecte, car la viande des animaux maltraités et saisis par la terreur est polluée par les toxines.










Référendum local sur le projet qui menace Notre Dame des landes : 


l’illusionnisme démocratique


Le Président de la République a projeté d’engager un processus réputé démocratique plutôt que d’appliquer simplement la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques (2006) et la Directive-Cadre européenne sur l’Eau (2000). Pourtant, elles ont été votées pour protéger précisément les espaces comme celui de Notre Dame des Landes qui est à cheval sur 2 têtes de bassin versant. Les lois, surtout celles-ci qui sont fruits d’un très long processus d’étude, de maturation et d’élaboration depuis le terrain jusqu’au plus haut niveau de décision, ne sont-elles pas démocratiques ? Ne sont-elles pas faites pour être appliquées ?


A l’inverse, les populations censées être appelées à voter sur ce que la loi a déjà décidé sont-elles bien sensibilisées aux différents aspects de la question : milieux humides de têtes de bassin versant, biodiversité, hydrologie, climat, devenir des paysans, des savoirs et des modèles durables qu’ils ont développés, bien commun à long terme contre option technologique transitoire, etc. ? Car la démocratie invoquée ne peut exister avec des électeurs insuffisamment informés et conscients des enjeux. 

Or, sur l’ensemble, on observe une diffusion extrêmement insuffisante, voire totalement inexistante, de l’information sur le corps et le sens de la législation sur l’eau et les milieux humides. En dépit de la gravité de la dégradation des têtes de bassin versant et, assez généralement, des zones humides, la plupart des français sont toujours dans l’ignorance vis à vis de ces milieux. Souvent au point de méconnaître ce qui est juste à côté de chez eux et le travail patient de leurs ancêtres – et de n’y voir aucun intérêt. Voire d’approuver majoritairement la poursuite des destructions contre lesquelles a été faite la législation sur l’eau (comme à Saint Gengoux le National et dans sa région *). Même les associations de protection de l’environnement et du patrimoine sont encore nombreuses à ne pas s’intéresser du tout à la question, alors qu’elle concentre la majeure partie des problèmes écologiques – nous pouvons même dire : des urgences vitales.


Une torpeur si profonde et si répandue est une aubaine pour tous ceux qui veulent poursuivre, comme avant l’évolution législative, les destructions qu’ils imaginent leur être profitables. Le plus troublant est l’inertie des organismes d’Etat en charge de l’application de la nouvelle loi et leur aide à son édulcoration. 

Mais, est-ce bien si étonnant puisque, surtout depuis une soixantaine d’années, les savoirs paysans et le sens du bien commun ont été dévalorisés et ringardisés pour casser la paysannerie et passer les campagnes au laminoir productiviste ? Est-ce si étonnant puisque nous ne sommes encore qu’au début de la prise de conscience des coûts catastrophiques de cette politique ** ? Cela n’a malheureusement rien d’étonnant puisque la reconquête des savoirs perdus n’en est qu’à ses débuts et que la prise de conscience est combattue depuis des dizaines d’années. 

Dans ce contexte de grande déculturation, d’ignorance des enjeux et de toute puissance des lobbies, les processus électifs habituels de désignation et de prise de décision ne sont qu’une manipulation d’illusionniste masquant la poursuite du détournement et de la destruction du bien commun. L’idée du référendum est donc suspecte d’avoir été inspirée par la certitude que son résultat irait contre l’application de la législation naturellement protectrice de l’écosystème de Notre Dame des Landes. 


Cela, 2 mois après les proclamations solennelles du même Président à l’occasion de la COP 21*** !





* L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange
https://renaissancerurale71.wordpress.com/


L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie
https://renaissancerurale71.wordpress.com/2015/08/09/leau-2/


** Le sol, la terre et les champs, de Claude et Lydia Bourguignon, Sang de la Terre



*** (…) Je veux rendre hommage à cet instant à tous les pionniers de la cause écologique, à tous les précurseurs qu’il n’y a pas si longtemps devaient affronter l’incrédibilité ou le dédain pour leurs alertes et leurs propositions. En quelques années, les esprits ont profondément évolué, les entreprises et les acteurs financiers hier réticents sont désormais prêts à s’engager et à modifier leur comportement.

(…)
Mesdames et messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement, pour résoudre la crise climatique, je vous le dis franchement : les bons sentiments, les déclarations d’intention ne suffiront pas, nous sommes au bord d’un point de rupture. Paris doit être le départ d’une profonde mutation, nous ne pouvons plus considérer la nature comme un vulgaire et inépuisable réservoir de ressources destiné à notre seul et plein accomplissement. (…)

(…) Mesdames et Messieurs, le combat pour le climat participe d’une lutte, d’une lutte engagée depuis des siècles, des décennies pour la dignité humaine, une lutte pour l’égalité, une lutte pour les droits fondamentaux. Vous savez qu’ici, à Paris, ont été proclamés les droits de l’Homme et du citoyen, eh bien grâce à vous aujourd’hui, vous venez de proclamer les droits de l’Humanité. C’est à cet acte, à cette révolution-là que je veux également souligner la portée de l’Accord de Paris.  

Je suis fier, fier que la France ait accueilli cette conférence ; fier que les Nations Unies aient été capables en tant que communauté internationale de prendre cette responsabilité ; fier que les idéaux de justice aient pu prévaloir ; fier de ma génération, de votre génération, qui a été capable de décider d’agir pour un monde que nous ne verrons pas.  

Oui, le 12 décembre 2015 restera une grande date pour la planète. A Paris, il y a eu bien des révolutions depuis des siècles mais aujourd’hui c’est la plus belle et la plus pacifique des révolutions qui vient d’être accomplie : la révolution sur le changement climatique.












Ecocide indonésien :


déforestation et extermination générale



https://www.youtube.com/watch?v=d_BV7lKV0wM






https://www.youtube.com/watch?v=wsVphW7jVgc













La « crise » des réfugiés, révélatrice de la crise générale

Calais : pour en finir avec la communication chloroforme



(…) j’ai vu passer des articles, des reportages, des prises de position sur «la jungle» de la part du personnel politique et médiatique ; mais comme en accéléré, déjà chassés par d’autres informations, par d’autres débats, infinis, transformant mon cerveau en une sorte de drive-in permanent où le monde entier fait irruption sans cesse, sans que je puisse avoir la moindre prise. Comme pour beaucoup aussi, cette masse informe d’informations et de débats hypermédiatisés engendre surtout un immense sentiment d’impuissance. Une impuissance quasi-historique face aux défis explosifs et planétaires du monde dans lequel nous vivons parmi tant d’hommes et de femmes qui tentent de survivre sous nos yeux. Un brouillard d’impuissance à travers lequel Calais, les manifestations de l’extrême droite contre les migrants, les violences policières, les souffrances infinies des migrants, la pression infernale créée par la fermeture des frontières avec l’Angleterre peuvent nous sembler très loin. Flotter, très loin de nous, de nos propres soucis, de nos vies, de nos avenirs.


Lorsqu’on m’a proposé de venir passer quelques jours dans la jungle, avec ou pas l’idée de filmer, j’ai aussitôt mesuré l’écart abyssal qui sépare l’idée que je m’en faisais de la réalité. (…)


(…) impuissance de l’Etat français dont la seule présence ne semble être que policière. La France n’est-elle que répression, violence policière, haine, et peurs ? La France no future. Serait-ce au nom de ces valeurs-là qu’ils devraient demander l’asile ici ? (…)


http://www.liberation.fr/france/2016/02/22/calais-pour-en-finir-avec-la-communication-chloroforme_1435099














janvier 2016 



Biodiversité, climat, bien commun, eau, patrimoine, préservation de l’économie locale, démocratie… contre-exemple parfait avec le saccage de la tête de bassin de Saint Gengoux le National :


L’eau perdue


ou sur ce site (voir sommaire)


et le blog RenaissanceRurale :



Compensation ? 

La nappe phréatique serait déplacée aussi ?


De toutes façons, ici, la loi sur l’eau et les milieux aquatiques a été déclarée hors la loi, comme toutes les circulaires et recommandations, d’où qu’elles viennent.









Biodiversité : le Sénat vote une loi écornée par le lobby des chasseurs


« Après la COP21, vous avez su transcender les clivages partisans pour rapprocher les points de vue en recherchant l’intérêt général de notre avenir commun, et en mettant la France très en avance sur les enjeux de la biodiversité et du climat »

a déclaré, vendredi 22 janvier, la ministre de l’écologie, Ségolène Royal


la France très en avance sur les enjeux de la biodiversité et du climat ! Une hallucination ? L’ignorance de ce qui se passe et de ce qui ne se passe pas sur le terrain ? Une ministre intoxiquée par les lobbies ? En tout cas, une déconnexion complète par rapport aux réalités.


Le seul amendement sur la « valeur d’usage » fait froid dans le dos. Déjà que les « valeurs intrinsèques » sont – pour le peu que nous savons aujourd’hui – ignorées de la plupart – quand la biodiversité, l’eau, les législations correspondantes, etc. sont un seul instant prises en considération par des « décideurs » inféodés aux lobbies…

http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/01/26/biodiversite-le-senat-vote-une-loi-ecornee-par-le-lobby-des-chasseurs_4853981_1652692.html



et, en plus, la fiction de la « compensation« …

Un tour de passe passe si grossier qu’il ne peut ébaudir que les ignorants (et les avocats…). Typique de la culture mécaniste réductrice du vivant à un lego démontable, manipulable, réaménageable à volonté. L’équivalence des surfaces révèle le simplisme rudimentaire des penseurs du machin : et le vivant là-dedans ? La multitude des êtres qui habitent et façonnent l’endroit convoité ? Leur vie, leur diversité, leur biomasse, le caractère unique de ce qu’ils font ensemble – l’écosystème ? Niés, Ignorés, balayés, méprisés, tant par les promoteurs de la destruction – évidemment – que par les législateurs. 



Avec les « réserves d’actifs naturels », la loi sur la biodiversité facilite la marchandisation de la nature


Pour faciliter la compensation des atteintes à la nature, le projet de loi sur la biodiversité discuté au Sénat propose la création de « réserves d’actifs naturels ». Cet outil qui aurait fait ses preuves aux États-Unis, selon ses défenseurs, ouvre, selon ses détracteurs, la porte à la financiarisation de la nature en cherchant à lui donner un prix.


Depuis 1976, les aménageurs sont tenus « d’Éviter et de Réduire leurs impacts sur l’environnement », et, « si possible », de les « Compenser. Un principe, dit « ERC », peu respecté et mal appliqué. Le nouveau texte entend donc « mieux définir le régime juridique de l’obligation de compensation écologique », explique l’avocat en droit de l’environnement Arnaud Gossement. Afin de remplir ces obligations, l’aménageur pourra désormais recourir à un opérateur de compensation ou contribuer au financement d’une réserve d’actifs naturels, définie comme « une opération favorable à la biodiversité » par la future loi. Par exemple, restauration d’une zone humide, sauvegarde d’une prairie sèche ou opération de reboisement. « Une petite révolution pour la biodiversité », estime l’avocat, mais « une vraie fausse bonne idée », pour Benoît Hartmann, de France nature environnement.

(…)


Le vocabulaire choisi ne dissimule pas la manipulation. Après une soixantaine d’années de saccages qui nous valent l’effondrement de la biodiversité, la défiguration des paysages, la perte de l’eau et des sols, l’explosion des cancers et autres « maladies de civilisation« , le dérèglement climatique, etc., les « aménageurs » qui convoitent des espaces encore relativement préservés (ou restaurables) pour y détruire la vie méritent d’être appelés des destructeurs. Où sont les notions premières de bien commun et de long terme dans ce texte ? 













À cause de la grande distribution, en soixante ans, 


la France a perdu 300 000 « points de vente », 


alors qu’elle aurait pu en gagner 800 000 !


À 47 ans, Martine Donnette perd son commerce et se retrouve endettée. Dans sa caravane, seul logis qui lui reste, elle va mener un combat acharné contre les responsables : les grandes enseignes commerciales.


Depuis trente ans, elle sillonne la France et fédère des milliers de commerçants chassés par les politiques déloyales des grandes surfaces. Elle se bat pour empêcher les constructions et développements illégaux de la grande distribution, pour des lois en faveur des petits exploitants.


Elle nous raconte son refus de se plier au pouvoir des grandes enseignes et sa lutte pour que le commerce de proximité retrouve sa place au sein de la société.





Ce livre est dédié aux centaines de milliers de petits commerçants qui depuis les années soixante ont disparu du paysage français. Je dédie également ce livre à ceux que ce système écrase dans sa quête effrénée du toujours « nouveau » et du toujours « moins cher ». Les paysans, les patrons et les salariés des petites et moyennes entreprises, mais aussi les salariés des grandes surfaces, aux horaires si difficiles à vivre. A tous ceux, commerçants, entrepreneurs, producteurs, consommateurs, citoyens, qui cherchent une nouvelle façon de produire, vendre et consommer. »



Martine Donnette est commerçante dans une galerie marchande du centre commercial à Vitrolles, mais à la fin des années 80, elle est expulsée pour manque de rentabilité. Obligée de vivre avec son mari dans une caravane au fond d’un camping municipal, ils ne sont pourtant pas résignés à arrêter le combat. Ensemble ils créent l’association En Toute Franchise qui leur permet de mener leurs enquêtes sur les agissements frauduleux des hypermarchés. Malgré la réunion de preuves accablantes, Martine et Claude se rendent vite compte que la justice n’est pas prête de les écouter. S’armant de patience et mobilisant des commerçants des quatre coins de la France, ils n’abandonneront pas pour autant leur lutte inégale. Ce texte, riche en chiffres, nous permet de comprendre la mainmise de quelques grands groupes, leur pouvoir colossal depuis plusieurs décennies et les liens qu’ils tissent avec de nombreux politiques locaux pour conserver et étendre leur suprématie.

Ruinée par les agissements des grandes surfaces, Martine Donnette a puisé dans cette aventure la force de comprendre les règles et les lois qui gouvernent l’univers de la grande distribution pour mieux les défier et se battre pour la survie des petits commerçants.



Interview sur France Info :

(…) Les politiques travaillent à court terme. Ils n’analysent jamais la situation et les dégâts que va causer la grande distribution. 

 

– La grande distribution n’a cessé de grignoter du terrain, même dans des zones protégées…

Les seuls endroits où ils n’ont pas pu aller jusqu’à présent, c’était les zones inondables, c’était les zones NATURA 2000 et les zones agricoles. Eh bien, on a vu qu’ils ont accéléré pour aller sur les zones inondables parce qu’elles n’étaient pas encore déclarées zones inondables dans le Plan de Prévention des Risques*. (…)

* exactement comme à Saint Gengoux le National**

** Renaissance Rurale
http://renaissancesrurales.












décembre 2015


Le lanceur d’alerte de l’affaire Bettencourt et les journalistes qui ont diffusé l’information ont été traînés en justice

Rien ne change, tout s’aggrave ! Le pays des « droits de l’Homme » et de la « liberté d’expression » désavoue toujours autant les lanceurs d’alerte* et ceux qui osent faire circuler l’information. Et se multiplient les manoeuvres d’intimidation pour dissuader les autres de suivre l’exemple citoyen.

* en quelque domaine que ce soit : écologie, amiante, eau et rivières, corruption, détournements de fonds, droit du travail, etc. Ici, toute défense des biens dérange.



ci-dessous :

Affaire Tefal : les lanceurs d’alerte au pilori






Le prétexte terroriste pour faire avaler la dérive sécuritaire


Régulièrement, depuis les attentats de janvier et novembre, on est amené à se demander si la France réagit à ces attaques, en cédant à la pente sécuritaire. Le mot « sécuritaire » n’est pas un gros mot et chacun comprend, admet et même réclame, plus de sécurité, plus de moyens pour la justice et la police. Après les attentats, il doit y avoir ce que les professionnels de la sécurité appellent un retour d’expérience. Et il est normal que les pouvoirs publics ajustent les moyens, la prévention, la répression, le renseignement. Ainsi l’état d’urgence a été largement accepté. Il réduit –un temps donné- le champ judiciaire et élargit celui de la police. A part quelques dérapages, la mise en œuvre de l’état d’urgence n’a pas constitué un glissement sécuritaire. Parce que si « sécuritaire » n’est pas un gros mot, verser dans la pente sécuritaire devient un problème démocratique. Quand la sécurité devient non plus un moyen mais un but, c’est que l’on glisse sur la pente qui risque de conforter l’idée des terroristes qu’attaquer la France, c’est l’obliger non pas à adapter sa réponse sécuritaire mais à la dénaturer… donc à se dénaturer.


Et bien il y a un moyen assez simple de le mesurer si la réforme pénale voulue par Manuel Valls verse sur la pente sécuritaire. Il faut observer quel est le rapport entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir policier, entre le juge d’instruction et le préfet ou le ministre de l’Intérieur. Et surtout dans quel sens évolue ce rapport. Plus l’exécutif et la police peuvent agir de leur propre initiative, sans contrôle judiciaire, plus on est engagé sur la mauvaise pente sécuritaire. La hiérarchie policière (des enquêtes journalistiques l’ont mis à jour) n’est pas exempt de reproches dans le défaut de protection de Charlie. Elle demande, cette hiérarchie policière, (et semble obtenir) plus de latitude, et pourtant elle ne reconnait pas de façon très explicite les ratés ou les insuffisances de janvier 2015. En quoi le contrôle et le pouvoir du juge ont-ils pesé sur les ratés de la police il y a un an ? En quoi les nouveaux pouvoirs demandés par la police auraient permis de mieux évaluer les menaces et de mieux y réagir ? Nous n’avons pas la réponse. Quand on augmente la capacité de la police à agir seule et que l’on réduit le champ du judicaire, on gagne peut-être en efficacité à court terme, on gagne certainement en « spectacularité politique« , mais on augmente aussi le risque de l’arbitraire. Il semble que l’on soit dans ce cas-là, avec ce que l’on sait du projet de loi. Contrairement à ce qui est beaucoup dit, mettre l’état d’urgence dans la constitution peut être une bonne idée parce que c’est un peu sacraliser le caractère temporaire et dangereux d’un état qui doit rester d’exception. Mais si, dans le même temps, on fait entrer dans le droit commun, par la loi, le contenu de ce qu’était l’état d’urgence, si l’on remplace l’exception par le durable, alors l’ensemble, la réforme pénale et la réforme de la constitution, tourne tout simplement à l’arnaque démocratique.

Réforme pénale : la pente dangereuse

http://www.franceinter.fr/emission-ledito-politique-l-edito-politique-7h45-322



…Retour d’expérience ? En France, en quelque domaine que ce soit, c’est la chose la plus exotique. Quasiment quelque chose de tabou. La difficile histoire des différentes alertes et le sort réservé aux lanceurs d’alerte suffisent à le démontrer. Pourquoi ? Parce que beaucoup trop d’influents personnages ont beaucoup à se reprocher et que la plupart des autres ne veulent pas changer leur routine.


Qui veut analyser « les ratés ou les insuffisances de janvier 2015 » ? Qui pour les ratés ou les insuffisances de novembre (et les déluges de feu inutiles) ? Et qui sont ceux qui s’y opposent ?








L’alternative façon XXIème siècle




les camps de la République Française à Calais



résultat du refus d’imposer une interdition aérienne aux tarés de Damas, ce qui aurait évité l’irruption catastrophique des avions de Poutine





 




Le 15 mars 2011 commençaient les premières manifestations en Syrie pour réclamer des réformes. Le régime de Bachar el-Assad a répondu par la répression puis la guerre, dans une quasi-indifférence internationale. Les signataires de cette tribune lancent un appel pour venir en aide au peuple syrien.


Après 3 ans d’horreur au quotidien, d’abandon, de lâcheté, il est grand temps d’en appeler à la responsabilité de chacun pour choisir son camp et demander d’agir pour protéger le peuple syrien de la terreur du régime de Bachar Al Assad et de celle des groupes intégristes. 

3 ans de massacres de population à l’arme lourde, à l’arme chimique, aux SCUD, aux barils de TNT. Plus de 140 000 morts dont au moins 10 000 enfants, des dizaines de milliers de disparus, des centaines de milliers de blessés. 


3 ans, de tortures massives et systématiques, comme l’atteste le rapport produit par 3 anciens procureurs de tribunaux internationaux, identifiant 11 000 morts sous la torture dans les geôles du régime. 


3 ans, de destruction systématique d’habitations, de quartiers entiers rayés de la carte, de sites archéologiques détruits et pillés. 


3 ans, à la face du Monde, d’approvisionnements ininterrompus en armes lourdes et en munitions de la Russie et l’Iran destinés à l’armée de Bachar Al Assad ; des milices étrangères chiites (Liban, Irak, Iran) que le régime a importées afin de terroriser la population.


3 ans de refus d’aider en moyens de défense adéquats l’opposition démocratique et avec elle l’Armée Syrienne Libre, avec comme conséquence l’émergence au fil des mois de groupes radicaux, souvent manipulés par les services de sécurité du régime pour qui ils sont pain bénit. Groupes dont les objectifs sont à l’opposé des aspirations de liberté de la Révolution syrienne. 


3 ans, qu’une population martyrisée est contrainte à un exode massif dans des conditions inhumaines. 


3 ans, de paralysie systématique par la Russie et la Chine du Conseil de Sécurité de l’ONU, rendant impossible l’adoption d’une résolution contraignante sous chapitre 7 permettant la protection, l’accès à l’aide humanitaire et la saisine de la Cour Pénale Internationale pour juger les responsables des crimes de guerre et crimes contre l’Humanité. 


3 ans, en France, d’indifférence et de silence d’élus, d’intellectuels, d’artistes, d’organisations politiques et syndicales. Nous ne pouvons nous y résigner et nous les invitons à apporter leur soutien à l’objectif d’une Syrie libre que porte depuis 2011 la Révolution syrienne. 


Après 3 ans, il est grand temps de choisir son camp, soit militer et agir en solidarité avec le combat des syriens pour une alternative à la dictature soit se résoudre au maintien de sa tutelle barbare sur la Syrie.



Après 3 ans, il est grand temps que la tragédie du peuple syrien prenne fin. Genève 2 a démontré l’intransigeance absolue du régime qui refuse toute transition politique. La communauté internationale et les grandes puissances doivent assurer la responsabilité de protéger et faire respecter le droit humanitaire international. Sachant le refus du régime de s’y soumettre, les grandes puissances doivent prendre l’initiative d’imposer une zone d’exclusion aérienne, la création de couloirs humanitaires pour protéger les populations civiles et le déploiement d’une force d’interposition pour garantir la mise en place de ces mesures de protection de la population syrienne. 


Après 3 ans au-delà des seules condamnations verbales du régime et des groupes intégristes, les grandes puissances doivent aider massivement l’opposition démocratique et avec elle l’Armée syrienne libre et favoriser la mise en place d’un État de droit garant du pluralisme et des libertés. 


Après 3 ans, si le choix de l’avenir des Syriens doit leur appartenir et à eux seuls, encore faut-il leur en donner les moyens afin que ce voeu devienne enfin réalité. 


Après 3 ans, la solidarité internationale doit passer des discours aux actes afin que cesse la tragédie syrienne et que la dictature cède la place à la Syrie Libre.




Résultat d’un faisceau de nullités : la politique des Etats-Unis et du Royaume Unis fuyant leurs responsabilités après leur organisation du chaos en Irak, et l’impuissance de l’Europe à échapper à la seule logique financière ultra-libérale pour construire une solidarité.


Ajoutons que c’est pour mener ces politiques brillantes que tous les courants défenseurs du bien commun et porteurs d’alternative ont été sabotés et le sont encore.


http://www.planetaryecology.com/index.php/180-syrie-irak-kurdistan-palestine

http://www.planetaryecology.com/index.php/124-homs
























COP COP COP, COUAC !


Beaucoup de signes l’avaient laissé deviner. Entre autres, l’application de l’état d’urgence anti-terroriste à des défenseurs du bien commun (une perversion intéressante), mais aussi l’oubli forcené de quelques problèmes parmi les plus importants. Par exemple : la prolifération des automobiles, la délocalisation des productions et les transports les plus polluants qui vont avec, les déforestations, les désastreuses monocultures d’exportation (comme le soja et le palmier à huile), la destruction des atolls et des mangroves… et, par dessus tout, la mise à l’écart des peuples autochtones partout malmenés par les totalitarismes de l’argent. Ils sont les écologistes premiers, ceux qui alertent depuis les débuts de la mondialisation du grand saccage, aussi ceux qui peuvent encore apprendre aux autres comment exploiter sans détruire, comment cultiver la vie. Toujours bafoués, y compris à Paris où les fourbes les ont utilisés pour faire tapisserie.





Cette fois, le bluff est si énorme que même les éternels faire-valoir, les instrumentalisés consentants (ceux auxquels il reste un peu de naïveté), commencent à s’en apercevoir (par exemple Nicolas Hulot). 


Les banderoles et les lampions à peine rangés, c’est une vague de décisions judiciaires et administratives catastrophiques qui nous submerge. Et l’omerta générale, la censure de tout ce qui bouge, l’activation de la liste noire des lanceurs d’alerte et les cabales, toutes les perfidies qui contribuent au sabotage culturel, social et politique, sont à fond.   



Point presse d’ONG à la COP21 : Les populations les plus vulnérables, grandes oubliées du projet de l’Accord de Paris

http://www.mediaterre.org/actu,20151211152250,1.html









décembre 2015



Le FN n’a pas détruit le système politique, il s’est imposé dans sa décomposition



Les impasses d’un couple obscène


article paru dans Libération le 28 mai 2014

Le cycle politico-médiatique qui s’achève a été dominé par le tandem politique-médias classiques. 

 

La crise actuelle est la sienne

Contrairement à ce que suggèrent bien des commentaires ou la titraille des journaux, ce n’est pas «le triomphe du Front national [qui] dévaste le paysage politique français» (le Monde daté du 27 mai), c’est la déstructuration de ce paysage qui rend le mieux compte du succès du FN. Nous vivons le déclin, peut-être historique, d’une formule qui a vécu une bonne quarantaine d’années, et a assuré la sortie des Trente Glorieuses bien plus que l’entrée dans une ère nouvelle. Cette formule désormais à bout de souffle reposait non pas sur un seul type d’acteur, les partis, avec leurs élus, leurs responsables, les institutions où ils siègent, les militants, les sympathisants, les intellectuels organiques, mais sur deux : comment ignorer ici les médias classiques, avec leurs journalistes, leurs rédactions, leurs relations devenues souvent presque incestueuses avec la classe politique ?

Le cycle politico-médiatique qui s’achève a été dominé par ce tandem, la crise actuelle est la sienne. Ce cycle a été inauguré au début des années 70, quand se met en place un paysage politique structuré autour de deux forces.

A gauche, le Parti socialiste, à partir du Congrès d’Epinay (1971) entame la longue marche qui aboutira au succès de François Mitterrand à la présidentielle de 1981, en même temps que s’ébauche la décomposition du Parti communiste. Aujourd’hui, il ne suffit pas d’évoquer la personnalité ou le style de François Hollande, ni même les carences ou les difficultés de sa politique, le problème, chacun le sent, est beaucoup plus profond. Est en cause, en effet, une façon de penser et de faire la politique, sans proposition d’une visée à long terme, sans souffle, sans ancrage au sein de la population. Le Parti socialiste est épuisé idéologiquement, ses références imaginaires à la social-démocratie, elle-même bien à la peine dans les pays qui l’ont vue naître et réellement fonctionner, ne tiennent guère la route, et pas davantage la pensée magique qui veut que, comme par enchantement, l’économie doive entrer dans un cycle de retour à la croissance et d’inversion de la courbe du chômage. Les Verts, qui sont nés précisément au début du cycle qui s’achève, auraient pu et dû apporter à la gauche les utopies qu’ébauchaient des auteurs comme Ivan Illich (…), et la capacité d’inventer une autre façon de faire de la politique – le moins qu’on puisse dire est qu’ils ont déçu. La gauche de la gauche ne va guère mieux, qu’il s’agisse d’un Parti communiste devenu presque onirique ou d’une extrême gauche tournant au populisme.

A droite, les rivalités personnelles sans contenu politique, la longue torpeur qu’ont constituée les deux mandats de Jacques Chirac, puis les inconstances d’un Nicolas Sarkozy commençant son mandat par une ouverture à gauche, et l’achevant par des emprunts et des références appuyées aux thématiques de l’extrême droite aboutissent à des images comparables. Il n’y a à droite ni leadership affirmé, ni vision forte et tendue vers l’avenir. Le centre, qui n’est jamais qu’une version de la droite, ne se présente pas sous de meilleurs auspices.

Et à gauche comme à droite, de plus, la politique s’est déconnectée de la morale ou de l’éthique, mais aussi de l’efficacité économique et de la capacité à apporter des réponses protectrices à la pauvreté, au chômage et à la précarité. Bref, le système politique classique est sinistré, et aussi bien l’abstention que le vote FN sont venus le signifier. Un cycle semble s’achever, au fil duquel les eaux se sont séparées entre le corps social, ses attentes, ses espoirs, ses difficultés, et l’ensemble des partis en place.

Dans cette béance, le FN, né lui aussi au début des années 70 et resté longtemps groupusculaire, a trouvé les mots efficaces, s’est adressé aux «oubliés» et aux «invisibles» et a capitalisé les affects, les peurs, les demandes non entendues de pans entiers de la population. Il n’a pas détruit le système politique, il s’est imposé dans sa décomposition.

Mais s’en tenir à cette analyse, c’est laisser de côté la moitié du problème. Car le cycle qui, peut-être, se termine est aussi celui du fonctionnement du couple obscène que forme le système politique avec les médias classiques. On pourrait proposer une image «people» de ce couple, en dressant la liste des ménages qui l’incarnent ou l’ont incarné ces dernières années, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. On doit surtout accepter de regarder en face ce phénomène.

Au début des années 70, dans la retombée de Mai 68, le système français des médias est entré dans une nouvelle phase, lui aussi. La télévision a commencé à se diversifier et à s’émanciper, la radio encore plus, la presse écrite a vu apparaître de nouveaux titres, à commencer par Libération. Et l’information politique a donné l’image de relations étroites entre les journalistes et les pouvoirs, et contre-pouvoirs.

Ces relations se sont densifiées, épaissies avec l’essor des dispositifs de communication, l’entrée en jeu des «communicants», la généralisation de l’usage d’«éléments de langage», l’importance des instituts de sondages.

Mais tout ceci est également en crise, tant Internet a changé la donne. Entre l’espace des médias classiques, en effet, avec les adjuvants qui viennent d’être évoqués, d’une part, et la sphère privée, d’autre part, Internet, les blogs, les réseaux sociaux ont créé un espace nouveau, indissociable d’une culture de la liberté d’expression, de la réactivité, de l’interactivité. La révolution numérique présente sa face d’ombre, elle autorise des manipulations inédites, comme le montrent l’affaire Snowden mais aussi le débat contemporain sur les «big datas», elle rend possible le déferlement de la haine raciste, xénophobe ou antisémite. Mais elle a aussi le mérite de rendre archaïques bien des pratiques abusives du couple médias classiques – acteurs politiques, d’imposer un autre rapport entre la population et ceux qui détiennent et diffusent l’information. Les médias classiques s’interrogent parfois, ou sont interpellés à propos de leur contribution au succès du FN : la question est mal posée, s’il s’agit de savoir s’ils en parlent trop, trop peu, ou mal. Car leur contribution est ailleurs : elle est dans leur perte de légitimité et leur début de disqualification dus à leur participation à un couple qui perd son hégémonie dans la parole et l’information politiques.

Michel Wierviorka


http://www.liberation.fr/france/2014/05/28/les-impasses-d-un-couple-obscene_1029118



Michel Wierviorka a bien raison de pointer le début des années 70 comme commencement du cycle de la décomposition du système politique. 


C’est bien le moment où le politique a été littéralement saboté avec l’instauration des connivences politiciennes qu’il dénonce. 


Mais il a oublié – ou, peut-être ne le connaît-il pas – un volet essentiel : l’élimination de tous ceux qui proposaient l’alternative au système de la prédation sans limite et de la corruption généralisée – la nouvelle gauche écologiste, féministe, etc., l’autre culture qui proposait une restauration du politique et une autre civilisation. 













novembre 2015




COP 21


comment

,

après une si longue alerte

,

en sommes-nous arrivés à l’état d’urgence ?



Commençons par nous souvenir de ce qui a précédé et entouré le Sommet de la Terre de RIO 92 :

l’une des plus grandes offensives anti-écologistes pour, une nouvelle fois, saboter toute possibilité d’éviter le pire.


C’était à la fin des années 80, au début des années 90, un nouvel essor de l’écologisme semblait se dessiner. Comme dans les années 1960 et début 1970. Cela ne pouvait pas durer. La volonté de nuire s’est vite ressaisie pour occulter encore la trop faible lumière des lucioles et poursuivre le génocide culturel déjà constaté par Pier Paolo Pasolini *.

 

* La violence du Pouvoir : le regard de Pier Paolo Pasolini

Le parti de la domination, de la réification et de la marchandisation du vivant a commencé une nouvelle offensive anti-écologiste, « anti-nature« , anti-avenir et anti-justice, comme une vingtaine d’années auparavant, déjà sous la houlette des lanceurs du néo-conservatisme. Mais, à la différence de la première qui avait été menée en tapinois, en infiltrant le mouvement et en remplaçant ses acteurs par les faces de carême connues aujourd’hui encore, l’offensive commencée en 1990 s’est appliquée à décrédibiliser et souiller les écologistes, leur pensée et leur projet de civilisation, également à falsifier l’histoire du mouvement pour approfondir la confusion.




La magie des lucioles par Yume Cyan

http://www.journal-du-design.fr/art/la-magie-des-lucioles-par-yume-cyan-32139/



Et nous avons vu débouler Marcel Gauchet, Luc Ferry et Alain Minc (tous de la Fondation Saint Simon, cela va de soi *), l’équipe du magazine Actuel aiguillonnée par les envoyés du PS chez les Verts **, Guy Béney (encore dans Actuel et dans Libération), Corinne Lellouche (L’Echo des Savanes), Eric Conan (Esprit), Alfred Grosser, Jean-Claude Levy, Claude Allègre, et une nuée de missionnés et d’irréfléchis qui se sont déchaînés sur les lanceurs d’alerte. Parmi eux, on trouve même un Dominique Bourg affirmant un peu partout son amour de l’individualisme, de l’anthropocentrisme, en somme de la culture impérialiste, et mettant en garde contre ces « dangereux » écologistes aspirant à une civilisation pacifiée (a). Un tel discours haineux serait, hélas, assez banal si, en dépit de son apologie du livre manipulateur de Luc Ferry, son auteur ne passait maintenant pour un « penseur de l’environnement » (comme Denis de Rougemont !). Tous ces gens ont eu les faveurs des media classiques, du Figaro à Politis (encore un remarquable dossier en mars 90), tandis que les écologistes accusés de tous les maux voyaient leurs droits de réponse jetés à la poubelle. 


* Enquête sur la Fondation Saint-Simon

Les architectes du social-libéralisme

https://www.monde-diplomatique.fr/1998/09/LAURENT/4054


** l’article était une commande que Christophe Nick a accepté de signer. A-t-il compris ce qu’on lui faisait faire ?

 


Est-il nécessaire de le dire ? Aucun de ces accusateurs sortis du néant n’a jugé bon de consulter les écologistes mis en cause, ni de répondre à leurs demandes d’explication. Extraordinaire est l’habileté à éviter tout contact et tout débat dont ils ont fait preuve ensuite.

Lâcheté ? Honte ? Combien ont réalisé qu’ils étaient instrumentalisés par un capitalisme peu soucieux de mettre fin au saccage des sociétés et de la biosphère ?




 Géopolitique n°40, 1992




La confusion semée, un récit falsifié diffusé dans toutes les chaumières, une pantomime de luttes pour l’illusion du pouvoir entre imposteurs et égarés… et les écologistes sont redevenus inaudibles. Décrédibilisés pour longtemps. D’autant que les environnementalistes attaqués ont choisi de plier, rompant définitivement avec les écologistes pour mieux abandonner les dernières références à la culture politique de l’écologisme, rentrant pleinement dans le jeu du système dominant en confortant l’environnemental-libéralisme des partis verts. C’est vraiment là qu’ils ont permis l’accomplissement du voeu de Raymond Aron (Genève, sept. 1969) : 

– que la nouvelle gauche échoue (traduire : soit étouffée) pour que son message libertaire puisse être tranquillement souillé et dévoyé par l’ultra-libéralisme globalisé. 

Un grand oeuvre auquel Denis de Rougemont s’était attelé, justement dès 1969, en circonvenant des militants au moyen de deux factions ad hoc : Diogène et Ecoropa *. Ces gens sont de ceux qui allaient se substituer aux écologistes et décider de les museler. Comme par hasard, ce sont aussi les acteurs des partis verts qui, au début des années 90, ont préféré à nouveau resserrer les liens avec les ennemis de l’alternative écologiste. 


* sortes de Fondation Saint Simon spécialement concoctées pour l’écologisme.


L’ultra-spéculation capitaliste sur le vivant avait à nouveau le champ libre. Nous en voyons les résultats.


 




 


Et il y a eu l’Appel d’Heidelberg organisé par un désormais célèbre cabinet en communication, le même que pour le lobby de l’amiante et quelques autres groupes de pression défenseurs de produits ultra-polluants…



dans Histoire contemporaine – Une mémoire du mouvement écologiste – 7 :

http://www.planetaryecology.com/index.php/120-histoire-contemporaine-une-memoire-du-mouvement-alternatif-ou-nouvelle-gauche-ecologiste-7

Le PS contre les Verts

Courant Alternatif n° 14, décembre 1991

La deuxième manche

le droit de réponse au magazine ACTUEL après la parution de son numéro « Les écolos fachos » en septembre 1991.




et, dans L’anti-écologisme de 1973 à nos jours :

http://www.planetaryecology.com/index.php/129-l-anti-ecologisme-de-1973-a-nos-jours


La cécité absolue d’une bande d’autruches, par André Langaney 1992


Amiante et Appel d’Heidelberg, par Henri Pézerat 1995




Et encore, à propos de COP, plus récemment, au Sommet RIO+20, en 2012 :


L’accord final de la conférence, très décrié, est déconnecté des enjeux environnementaux

par Eliane Patriarca


Depuis deux jours, le Rio Centro, où s’est achevée vendredi la Conférence des Nations unies sur le développement durable, baignait dans une atmosphère surréaliste. Tandis que chefs d’Etats et de gouvernement se succédaient à la tribune de l’assemblée plénière pour une brève allocution, beaucoup de leurs homologues avaient déjà quitté les lieux. Et les autorités brésiliennes avaient résolument choisi d’éloigner à 50 km du lieu de la Conférence officielle le sommet alternatif des peuples, où les ONG ont réuni quelque 20 000 personnes durant dix jours.


«Rio + Vain». Vingt ans après le Sommet de la Terre de 1992, qui a donné naissance aux conventions sur le climat, la biodiversité ou la désertification, l’édition 2012 a déçu. Rebaptisée «Rio + Vain» ou «Rio – 20», elle souffre d’une cruelle absence d’ambition. Dès mardi soir, sous la houlette du ministre brésilien des Affaires étrangères, les négociateurs, au travail depuis le 13 juin, avaient trouvé un accord, échappant à l’arbitrage politique des chefs d’Etat arrivés le lendemain. Vendredi, les 191 pays représentés à Rio ont ratifié le projet de déclaration finale, 49 pages intitulées «Le futur que nous voulons». «Ce futur n’est pas dans ce texte», ont rétorqué les leaders de la société civile, parties prenantes de la préparation de la conférence, mais qui ont adressé jeudi une lettre aux Nations unies pour se désolidariser d’un texte dénué «d’engagements concrets». Parmi les signataires : Marina Silva (ancienne ministre brésilienne de l’Environnement), Kumi Naidoo (patron de Greenpeace), Ignacy Sachs (l’économiste à l’origine de l’éco-développement) ou la philosophe et militante indienne Vandana Shiva. (…)

http://www.liberation.fr/terre/2012/06/22/rio-le-sommet-enterre-l-interet-general_828518




(a) Les développements philosophico-politiques qui ont accompagné cette nouvelle offensive anti-écologiste ont définitivement éclairé sur l’idéologie qui structurait la première, une vingtaine d’années auparavant. Le discours tenu par les auteurs cités (Ferry, Minc, Béney, Bourg…), et bien d’autres, correspond exactement aux cris de guerre lancés par Norman Podhoretz (1967), Irving Kristol (1968), Raymond Aron (1969), les néo-conservateurs en pointe de la civilisation anti-nature qui ont réorienté les réseaux de la Guerre Froide contre la nouvelle gauche écologiste.


Logique, d’ailleurs, puisque de futurs acteurs de la Fondation Saint Simon et des marionnettistes néo-capitalistes de plus haut vol étaient déjà affairés dans le dos de la nouvelle gauche écologiste, à la fin des années soixante.


Au début des années 1990, comme à la jonction des années 60 et 70, comme aujourd’hui avec la COP 21, comme à chaque fois, le clivage politique premier, celui qui relativise tous les autres, s’est révélé au grand jour. D’un côté, tous les défenseurs du bien commun, acteurs de l’économie des communaux ; banalement, tous ceux qui n’ont pas rompu avec le vivant *, donc avec la culture immémoriale qu’il inspire – celle qui permet à chacun de réguler ses actions en fonction de l’intérêt général . De l’autre, tous les partisans de l’école impérialiste, celle qui « présuppose une désacralisation du monde, une réduction quantitative et mécaniste de l’univers en une masse informe d’objets hétéroclites. La raison devient un simple instrument au service des moyens et non des fins. Cette façon de voir conduit à l’aliénation spirituelle de l’homme, à sa coupure d’avec la nature, puis à l’industrialisation et à la mercantilisation du monde vivant«  (La dialectique de la raison, Theodor Adorno et Max Horkheimer). Dans ce camp, les partisans de la globalisation capitaliste, bien sûr, mais aussi beaucoup de leurs opposants prétendus : ceux qui, curieusement comme les précédents, sont toujours guidés par les théories progressistes (de la théorie des stades **) et élitistes, dominatrices vis à vis de « la nature », des autres êtres et des autres hommes (justement, les peuples autochtones). C’est pourquoi les gens de la nouvelle gauche écologiste ont – surtout en France ! – si souvent eu la surprise de découvrir de soi-disant « anti-capitalistes » – mais toujours très capitalistes quand il s’agit de pouvoir d’être et d’agir – rangés aux côtés des oligarques du système destructeur de la vie pour saboter toute alternative philosophique, politique et économique, en gommant jusqu’à la moindre représentation de la culture écologiste.

* depuis les peuples autochtones qui ont conservé la relation d’interdépendance avec la biosphère jusqu’aux écologistes qui s’efforcent de la réactiver



** à propos de la théorie des stades :

La théorie des stades et ses prolongements

www.pug.fr/extract/show/955

 


Politis 29 03 1990








Après le 13 novembre

 

Conséquences



Le déferlement de folie furieuse ne peut vraiment surprendre que les derniers venus et ceux qui se sont laissés distraire par la berceuse diffusée continûment depuis quelques dizaines d’années. 

La paix n’est pas un dû et, comme le vivant, c’est une chose fragile qui se nourrit de conscience et d’attentions constantes. Elle est d’abord une culture et une pratique du quotidien qui, comme la démocratie et le souci du bien commun, s’étiole là où prospèrent les capitalisations de pouvoir (comme aujourd’hui à tous les niveaux d’incompétence). Autant reconnaître que c’est, pour la plupart, une culture perdue.

Culture ? On entend beaucoup parler de « culture » en réponse au fanatisme, mais…

Cela ne devrait pas être une surprise, la culture la plus répandue, la culture qui fait aujourd’hui référence, est le socle de tout ce que nous déplorons.

Il ne s’agit pas, bien sûr, de telle ou telle forme d’expression ou manière d’être – pourvu qu’elles respectent l’autre… justement ! Il s’agit du message véhiculé. C’est là l’important. Quelle que soit la forme, la distinction se fait sur le fond, sur le sens, sur ce qui influence la pensée et l’action, sur ce qui accompagne ou sur ce qui déforme les motivations.

« Qui a le droit d’être libre, qui se sent le droit de réclamer à la société les conditions d’existence qui lui permettront de se vouer, s’il le veut, au travail d’une libération intérieure, celui-ci a également le devoir d’exercer cette liberté car si l’esprit ne se mobilise pas contre l’inertie du langage au sein de sa propre parole, il est en risque de voir les stéréotypes verbaux pénétrer ses démarches les plus intimes, usurper ses motivations, décider pour lui – en bref, faire de lui une chose, ce qui mettrait fin à notre aventure sur cette terre » (Yves Bonnefoy, « Entretiens sur la poésie 1972-1990« , chapitre « Poésie et liberté »).


 

« les stéréotypes verbaux« … et la bonne vieille propagande, la colonisation des esprits, celle qui réussit à conduire « le sujet (…) dans la direction que vous désirez pour des raisons qu’il croit être siennes » (1).

Mise en pratique au quotidien, le plus souvent sans conscience, la culture qui nous a été assénée pour soutenir la conquête mondiale du capitalisme, est exactement antagoniste à celle de la paix et, généralement, du bien commun. La culture imposée les dévalorise comme elle a d’abord chosifié, réifié la nature (le vivant) jusqu’à enseigner le mépris pour toutes les vies, toujours pour conforter les différentes variantes de la domination. C’est la culture impérialiste, celle de la globalisation capitaliste, qui se traduit par des consommations nuisibles pour les autres, tous les autres vivants, et par des destructions sociales et écologiques monstrueuses. Cet engrenage culturel et structurel a produit l’exclusion, la misère, le ressentiment, le désespoir, la haine et les fanatismes, en proportion des profits réalisés (2).

En réaction, nombreuses ont été les alertes lancées pour éveiller les consciences, dénoncer l’égarement et rappeler les bases de la culture accordée au vivant, celle qui doit éclairer chaque action pour la situer dans les dynamiques de la biosphère – la culture arcadienne disent les écologistes. Simplement la culture de la paix, peut-on dire aussi. Mais, alertes spécialisées ou générales (comme la nouvelle gauche écologiste des années 1960/70 qui invitait à troquer la civilisation de la guerre à la planète contre une civilisation adaptée à la biosphère), toutes ont été méthodiquement étouffées, foulées aux pieds. Quelque soit le sujet, à quelque niveau que ce soit, chaque lanceur d’alerte l’a vécu. Et cela continue, spécialement en France où la désolidarisation n’a jamais été si grande (3). C’est en bonne partie pourquoi nous en sommes à constater les dégâts, aussi l’impuissance générale. Juste au stade du constat ! 



 d’après Dick Wright




(1) Directives du Conseil de Sécurité Nationale, 10 juillet 1950, cité dans Final Report of the Select Committee to Study Governmental Operations with Respect to Intelligence Activities, Washington, United States Government Printing Office, 1976.

Rapporté par Frances Stonor Saunders, « Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle« , Denoël.

 


et, sur l’aggravation continue de la situation :

Syrie Irak Kurdistan Palestine

http://www.planetaryecology.com/index.php/180-syrie-irak-kurdistan-palestine


Guerre à la planète

http://www.planetaryecology.com/index.php/164-my-land-film-de-nabil-ayouch


(3) voir et revoir les rapports du Médiateur de la République :




à propos de la défense du bien commun :

La solitude de l’incorruptible

Détournement financier, risque sanitaire ou infraction à la loi: en France quand un salarié dénonce son entreprise, il se fait licencier

(…) Dix ans plus tôt, Francis Doussal, chef de fabrication à la Saria, premier équarrisseur français, avait tenté d’alerter sa hiérarchie sur les agissements illégaux de son entreprise. Résultat : une mutation, à 800 kilomètres de chez lui. Cette fois, il prend les grands moyens : une lettre ouverte, publiée dans la presse régionale. Il est immédiatement licencié. Devant le tribunal correctionnel de Vannes, la réalité des infractions commises par la Saria est pourtant reconnue. Elle est condamnée à de lourdes amendes. Mais les prud’hommes ne veulent rien entendre. Le code du travail ne prévoit pas la protection du salarié qui dénonce une fraude commise par son entreprise. Quel que soit le domaine ­ finances, sécurité publique, santé publique… ­, quel que soit le danger. Le «devoir de confidentialité», le «lien de subordination» invoqués par l’employeur justifient le licenciement. (…)

http://www.liberation.fr/futurs/2004/07/05/la-solitude-de-l-incorruptible_485357


Subir ou l’ouvrir, on peut choisir

http://sos-fonctionnaire-victime.com/



exemple :

L’amiante : un scandale français exemplaire

http://www.planetaryecology.com/index.php/97-amiante-un-scandale-francais-exemplaire



et, ci-dessous, l’exemple d’un mouvement social récupéré, chapeauté, détourné, étouffé, parmi tant d’autres – et surtout celui-ci (!) :


« la marche des beurs » reprend la route





Au moins en France, l’alerte sur les difficultés faites aux lanceurs d’alerte a, elle-même, été étouffée.








32 ans après, 

« la marche des beurs » reprend la route

Hum… en fait, ce mouvement s’était baptisé :

Marche pour l’égalité et contre le racisme



Dans le glissement de la «Marche pour l’égalité et contre le racisme» à cette expression, il y a le détournement politique d’un mouvement, encore dénoncé trente ans plus tard par ses fondateurs.

Parce que « rien n’a changé » dans les banlieues depuis la « marche des beurs » de 1983, Arbi Rezgui, un des anciens marcheurs et une quarantaine de personnes viennent de partir du quartier des Minguettes, à Venissieux, pour rejoindre Paris. 

« Précarité », « discrimination »: « rien n’a changé » dans les banlieues depuis la « marche des beurs » de 1983, regrette Arbi Rezgui, militant anti-raciste qui a décidé de refaire le trajet vers Paris 32 ans après. Parti du quartier des Minguettes à Vénissieux (banlieue lyonnaise) ce samedi matin, il va traverser une bonne dizaine de villes avant d’arriver à Paris, le 31 octobre pour un rassemblement à 14 heures place de la Bastille.



C’est l’occasion de rappeler l’un des grands moments de la manipulation politicienne pro-globalisation capitaliste qui, comme l’a souligné Jean Baudrillard à l’époque, a vidé ce pays de ses « forces vives » jusqu’à le gangrener et le livrer totalement aux prédateurs. Là, avec ce mouvement né chez les marginalisés relégués dans les banlieues de l’exclusion, la méthode employée était ultra-classique, celle utilisée avec succès contre les mouvements critiques et alternatifs des années 1970, 1960… puis plus tard, à chaque rebond du mouvement social pour les biens communs. Infiltration, escamotage et substitution des acteurs, étouffement et médiatisation, détournement de sens, réécriture de l’histoire.










octobre 2015



Langues régionales : le totalitarisme français est à nouveau confirmé

Le Sénat enterre la charte des langues régionales

Le Sénat vient de retoquer la ratification de ce texte du Conseil de l’Europe, en votant une motion de procédure qui a coupé court au débat parlementaire. Cette «question préalable», soutenu par la droite, majoritaire, et le centre, a été votée, mardi soir par 180 voix contre 155.

http://www.liberation.fr/france/2015/10/27/le-senat-enterre-la-charte-des-langues-regionales_1409281










La réalité des migrations en France 

Beaucoup d’immigrés arrivent et… repartent
Le nombre d’immigrés arrivant en France a augmenté entre 2006 et 2013, mais il y a aussi eu plus de départs d’immigrés comme de Français.

http://www.lessentiel.lu/fr/news/france/story/Beaucoup-d-immigres-arrivent-et-repartent-30115888


voir ci-dessous

Au fond du trou, tout au fond !

56% des français refusent que la France accueille des réfugiés








septembre 2015



Au fond du trou, tout au fond !

56% des français refusent que la France accueille des réfugiés


Nous y sommes, et sans doute plus gravement qu’on ne croit ! « La France » est bien devenue une société froide. A savoir une société avec un niveau d’activation extraordinairement bas. Si bas que l’on devrait plutôt parler de désactivation des fonctions vitales…


Edito politique sur France Inter, 7H45 vendredi 4 septembre, à propos de la photo du corps de l’enfant syrien échoué sur une plage, et des résultats d’un sondage révélant que les français sont majoritairement contre l’accueil des réfugiés :


Pays Fermé


Ces deux éléments montrent ce que nous sommes devenus. D’abord le sondage ELABE pour BFM et il dessine un pays majoritairement renfermé et craintif : 56% des français refusent que la France accueille des réfugiés. Pour apprécier la noirceur de cette réponse, il faut simplement relire la question qui a été posée; la voilà :

« L’Union Européenne fait face à un afflux de migrants et de réfugiés, notamment en provenance de Syrie. Selon vous, la France doit-elle accueillir une part de ces migrants et réfugiés sur son territoire ?« 

Vous avez bien entendu : la France doit-elle prendre une part de cette misère ? Eh bien, c’est NON ! Il ne s’agit pas, pourtant, d’ouvrir inconsidérément les frontières ou de changer notre politique migratoire… C’était pas ça la question; il s’agit simplement de respecter une tradition dont ne cesse de s’enorgueillir le pays de Victor Hugo : donner asile à ceux qui fuient la guerre et l’oppression – comme si les syriens faisaient ce périple pour les allocs ou la CMU ! Nous sommes devenus un pays pusillanime abreuvé de discours identitaires et déclinistes. Des hommes politiques s’égosillent comme si on nous avait repris l’Alsace et la Lorraine quand un groupe de gens du voyage bloque l’A1 quelques heures, mais interpellent le gouvernement pour qu’il trouve une solution – qu’il s’empresse de trouver – pour ces agriculteurs, qui certes ont leurs raisons, mais bloquent Paris toute une journée.


La photo a été à la Une de toute la presse européenne, sauf chez nous, on l’a beaucoup dit. L’information, c’est que nous – la presse – nous ne l’avons pas mis à la Une hier, comme l’ont fait tous nos voisins. L’ambiance générale est à la peur et la presse reflète cette peur, l’intègre. Est-ce le contre-coup des attentats du 7 janvier ? L’autre face du pays neuf mois après la démonstration du 11 janvier ? On parle souvent de la lepénisation des esprits… C’est un poncif des commentaires politiques, mais, là, avec ce sondage, avec l’apathie pétocharde de la parole politique, du moins jusqu’à ces derniers jours, avec nos réflexes journalistiques émoussés, on y est presque ! C’est le tableau d’un pays fragile, faible, peu sûr de lui, un pays divisé aussi : les sympathisants d’une gauche devenue minoritaire sont favorables à l’accueil ainsi que les plus de 65 ans (…). Pour le reste, largement majoritaire, c’est non. Le parallèle avec l’Allemagne qui propose d’accueillir 800 000 réfugiés cette année est révélateur. La presse populaire d’outre-Rhin appuie cette initiative et un sondage pour la ZDF montre que 60% des allemands estiment que leur pays peut et doit offrir cet asile. Nos politiques devraient être obsédés par cette question : comment 56% des français peuvent dire NON !, non il ne faut pas accueillir de réfugiés syriens. Les responsables du parti « les républicains » peuvent se sentir particulièrement concernés. A quoi ça sert de tenir des discours de repli destinés, forcément, à endiguer la fuite des électeurs vers le FN si c’est pour se retrouver avec ce chiffre : 67% des sympathisants « les républicains » disent « NON, il ne faut pas de ça chez nous ! » ?


Thomas Legrand

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1147897


Depuis le temps que presque tout se décompose, est corrompu et s’insensibilise, nul ne peut s’en étonner. Il n’est que de voir quelle misérable chose a été produite sur le cadavre du grand mouvement alternatif des années 1960-70, et de contempler les hiérarchies mexicaines qui, sans même recevoir des claques, nous submergent de leurs âneries ! L’effondrement parallèle du vivant en est un résultat et le résultat de la globalisation capitaliste qui avait organisé la mort des mouvements sociaux – « le reflux des forces vives » comme l’a dit Jean Baudrillard.


L’apathie généralisée et les difficultés sans nombre opposées à toutes les actions pour le bien commun, ici même (1), le disent assez : « La France » est devenue frigide. Elle l’est depuis un bout de temps et, avant, beaucoup de signes l’ont annoncé. J’ai commencé à le décrire dans un article de 1988 paru dans Ecologie Infos n°392 intitulé… « « La France » est devenue une société froide » (http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=98:histoire-contemporaine-une-memoire-du-mouvement-alternatif-ou-nouvelle-gauche-7&catid=9&Itemid=470).


Des migrants syriens arrivés à Kos en Grèce racontent leur calvaire

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/des-migrants-syriens-arrives-a-kos-en-greve-racontent-leur-calvaire-605704.html


(1) amiante, pesticides, défense de l’eau, des têtes de bassin versant, des écosystèmes, etc. (comme à Saint Gengoux le National, Le Rousset, Sivens, Notre Dame des Landes… la liste est aussi longue que déprimante).


Un bateau de migrant a coulé le 20 avril au large de l’île de Rhodes, en Grèce. Trois migrants, dont un enfant, ont péri, et 93 personnes ont pu être sauvées au cours d’une impressionnante opération de secours à quelques mètres du rivage.

Argiris Mantikos/AFP/Getty Images


Depuis le début de l’année, l’Onu estime que 35.000 migrants ont tenté de traverser la mer Méditerranée pour fuir la pauvreté, la misère, les violences et les guerres. La plupart sont partis des côtes libyennes. 1800 d’entre eux sont morts. Face à ce drame, les pays européens réagissent bien mal. Si les moyens de l’opération Triton sont triplés, ils avaient auparavent été divisés par 3. Mais plus que les moyens, c’est la volonté politique qui pèche, comme le dénonce la LDH : « Une fois de plus, l’Union européenne se refuse à traiter la question des migrants et des réfugiés sous un autre angle que celui d’une forteresse qui serait assiégée par des hordes d’étrangers, tout en versant de chaudes larmes sur ces pauvres victimes des passeurs. En se contentant de mesures quantitatives, même si elles sont utiles, en ne changeant pas de politique migratoire, en refusant de mettre en œuvre les moyens nécessaires à l’accueil des réfugiés, en donnant le pitoyable spectacle d’un manque de solidarité et de pays cherchant à en faire moins que le voisin, l’UE adresse au monde un terrible message : continuez à mourir chez vous ou en mer, l’UE sera là pour assurer le service mortuaire. Les Européens peuvent avoir honte de leurs gouvernements, les Français en particulier. »








juillet 2015




Tout ça pour ça…

Cavanna, jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai

documentaire de Denis et Nina Robert

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=237497.html


Dommage. Les Robert seraient-ils trop jeunes – Nina, sans doute, mais son père ? Ou anti-écologistes ? Ils ont complètement gommé l’une des principales dimensions de Cavanna : son rôle dans l’alerte écologiste depuis les débuts (les années soixante). Je dis bien écologiste comme écologisme, le mouvement originel de culture communautaire et conviviale, naturellement libertaire et non-électoraliste (1).


C’est Cavanna et Choron (Georges Bernier) qui ont publié les dessins de Pierre Fournier et l’ont invité à s’exprimer. Et c’est encore Cavanna – avec Choron pas loin – qui a aidé à la création de La Gueule Ouverte. Cavanna mérite encore d’être salué pour plusieurs années de participation à Ecologie-Infos jusqu’au début des années 1990 (2).



Excepté cette grosse lacune, on a plaisir à revoir la belle équipe, celle des années soixante et du premier Charlie Hebdo disparu en 81. Tiens ! comme par hasard… En fait ce Charlie Hebdo a disparu en même temps que le mouvement écologiste alternatif des années 1960-70 : la nouvelle gauche dont Fournier était un digne représentant. Fournier qui, décidément, n’apparaît pas dans les images d’archives qui nous sont proposées.


Cependant, le doc de Denis et Nina Robert a le mérite de révéler la grande différence de nature entre la première époque et le Charlie Hebdo contrôlé par Philippe Val. On y entend Cavanna dire : « Fallait pas y aller ! » dans le coup manigancé par Val contre Choron, père du premier Charlie. Il est utilement rappelé que la magouille a été poussée jusqu’à instrumentaliser Cabu et Wolinski, et même Siné et Cavanna, pour qu’ils témoignent contre Choron pour le déposséder de sa propriété – avant qu’ils ne soient eux-mêmes bernés et se retrouvent sans rien ! Choron n’y survivra pas.


Cavanna, jusqu’à l’ultime seconde… laisse un goût amer. Mais c’est inévitable.  Cavanna, l’inspirateur et le pourfendeur, « la force de la nature« , a fini « mis à part » dans l’équipe du simili-Charlie. De plus en plus défait Cavanna. Muselé ! N’était-ce pas l’un des buts de la manoeuvre ?


C’est sans doute une coïncidence. C’est en 91/92 que la belle équipe a commencé à être dissociée pour récupérer de force le titre. Juste une première étape avant la création de tensions de plus en plus grandes. 91/92… époque de l’une des offensives anti-culture alternative les plus remarquables.  


En annexe du contrat de cession de ses droits d’auteur sur le titre « Charlie Hebdo » (subtilisés à Choron pour être attribués à Philippe Val !), Cavanna avait écrit un « codicille à mon testament » où il définissait l’esprit du journal… Extraits :

Combat pour une démocratie effective (…)

Promotion d’une écologie active, totale, et non plus seulement « environnementale », considérée comme le nouveau « socialisme » en ce qu’elle prendrait en compte l’ensemble des problèmes de la vie en société sur une planète aux ressources limitées ainsi que la répartition équitable des ressources entre tous les êtres vivants (…)


« Je me suis fait avoir !« , confie Cavanna à la caméra de Denis et Nina Robert. L’affaire des « dividendes » discrètement partagés entre Val, Cabu, Maris et Portheault en 2006, et que les autres découvriront en lisant Le Monde deux ans plus tard, en est une belle illustration.  


Cavanna s’est « fait avoir« , comme l’aurait été Fournier s’il avait vécu. Comme nous tous. Comme toute la planète.


ACG





(1) donc non-capitaliste, arcadienne comme l’a baptisée l’historien des sciences Donald Worster, à l’image de la communauté des communautés : la biosphère.


(2) Les articles parus sont rassemblés dans La belle fille sur le tas d’ordures, édit. L’Archipel 1991.


Plus d’information sur cette histoire dans Fournier précurseur de l’écologie, édit. Les Cahiers dessinés 2011.

Aussi dans la présentation de ce livre : 















Semaine de la Terre, Paris printemps 1971


Ben oui, la pollution, ça coûte cher !

Et plus cher que ça encore en intégrant les conséquences des dégradations de la biosphère à long terme.


La pollution de l’air en France coûterait plus de 100 milliards d’euros par an

La pollution atmosphérique «n’est pas qu’une aberration sanitaire, c’est une aberration économique» (…) rapport Pollution de l’air: le coût de l’inaction.


Elle représente «un coût majeur», une fois considéré les dépenses de santé pour prendre en charge les pathologies imputables à la pollution (particules fines, oxydes d’azote, etc.), l’impact de l’absentéisme professionnel sur la productivité des entreprises, la baisse des rendements agricoles, la perte de la biodiversité ou encore l’entretien des bâtiments dégradés. Dans le détail, le coût sanitaire total de la pollution atmosphérique serait compris «entre 68 et 97 milliards d’euros» par an, retient le rapport (données du programme «Air pur pour l’Europe» de la Commission européenne), tandis que le coût non sanitaire est lui estimé à 4,3 milliards d’euros. A elle seule, la pollution de l’air intérieur représente un coût de 19 milliards d’euros par an. (…)

http://www.liberation.fr/societe/2015/07/15/la-pollution-de-l-air-en-france-couterait-plus-de-100-milliards-d-euros-par-an_1348143


http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/pollution-plus-100-milliards-deuros-cout-linaction-985867


http://www.ladepeche.fr/article/2015/07/16/2144666-l-insupportable-cout-de-la-pollution-de-l-air.html


 

Semaine de la Terre, Paris printemps 1971


Rapport de Mme Leila AÏCHI, fait au nom de la CE coût économique et financier de la pollution de l’air n° 610 tome I (2014-2015) – 8 juillet 2015

(…) Les trois types de maladies causées par la pollution de l’air les plus communes sont les maladies respiratoires, au premier rang desquelles la bronchopneumopathie obstructive (BPCO), les pathologies cardiaques, dont les infarctus, et les cancers du poumon. Par ailleurs, le rôle de la pollution de l’air dans de nombreuses autres pathologies fait l’objet d’études et permet d’affirmer qu’il existe un lien, notamment, entre la pollution et certains problèmes de développement du foetus, et des pathologies certes multifactorielles mais de plus en plus prévalentes comme la maladie d’Alzheimer et l’obésité. A côté de ces effets sanitaires, la pollution de l’air produit des effets non sanitaires, sur la végétation et la biodiversité, sur l’eau mais aussi sur les bâtiments. (…)

http://www.senat.fr/notice-rapport/2014/r14-610-1-notice.html




 

Juan Sanz

un de mes collègues et amis du théâtre vient de mourir après plusieurs années de résistance. Vaincu par un cancer broncho-pulmonaire dû à l’amiante dans l’environnement professionnel. Comme quatre autres dont la pathologie a été officiellement reconnue, il a été fauché par les effets de la pollution de l’air au quotidien. Cela malgré une alerte maintenue pendant plus de trente ans qui aurait épargné plus de vies si elle avait été écoutée par les « responsables« .




Et la pollution de l’eau, la dégradation des sources, des zones humides, des cours d’eau… itou !



Bien entendu, on peut une nouvelle fois se demander comment on en est arrivé là…


Gilles Raveaud d’Alternatives Economiques :

« Un échec absolument terrible de la « science » économique, c’est l’environnement.  (…)

Tout était sur la table au moins dans les années 70 (…)


En 68, déjà, la question environnementale était centrale dans les débats politiques et cette question a totalement disparu des facultés d’économie pour ne commencer à revenir que ces dernières années. Mais le problème, c’est que c’est trop tard !


On a perdu 40 ans absolument cruciaux dans la préservation de l’environnement, dans la préparation du futur, dans l’organisation de la transition écologique absolument nécessaire de nos sociétés.


Et là il y a une responsabilité énorme des économistes y compris « hétérodoxes » qui dans leur grande majorité ont négligé cette question.« 


émission La tête au carré (sur France Inter) du jeudi 30 avril 2015

L’économie, une science en crise ?

http://www.franceinter.fr/personne-gilles-raveaud


Ben oui, Gilles Raveaud dit vrai : Tout était sur la table au moins dans les années 70. Et pas seulement pour la « science » économique. Puis, tout s’est effondré. 


L’économisme officiel, universitaire et dominateur, s’est recroquevillé, fermé, racorni après la grande peur devant l’écologisme – peur du mouvement social débutant et de sa culture renversante – il y a… 40 – 50 ans : c’était la première réussite des néo-cons qui appelaient à la mobilisation réactionnaire depuis plusieurs années déjà. On peut dire qu’ils ont été exaucés !






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